mariadb --version
mariadb Ver 15.1 Distrib 10.11.6-MariaDB
Cette ligne de commande, lancée sur un serveur fraîchement provisionné, résume à elle seule le dilemme du moment : faut-il rester sur 10.11, la branche LTS publiée en 2023 et déjà largement éprouvée en production, ou basculer directement sur 11.4, elle aussi certifiée LTS mais avec beaucoup moins de retours d’expérience accumulés ?
La question se pose systématiquement lors du provisionnement d’un nouveau serveur, quand le dépôt de paquets propose les deux versions sans trancher pour vous. Voici les différences qui comptent réellement en production, sans revenir sur MariaDB 11 dans sa globalité, déjà couvert précédemment sur ce blog.
Deux branches LTS, deux calendriers de support différents
MariaDB 10.11 bénéficie d’un support à long terme jusqu’en février 2028. MariaDB 11.4, publiée plus tard, prolonge son support jusqu’en 2029. Sur le papier, 11.4 offre donc davantage de marge avant une nécessaire migration future, un critère qui compte pour un serveur destiné à rester en place plusieurs années sans intervention majeure.
- MariaDB 10.11 : support LTS jusqu’en 2028, très large adoption actuelle
- MariaDB 11.4 : support LTS jusqu’en 2029, adoption plus récente
- Les deux branches partagent l’essentiel du moteur InnoDB et de la compatibilité MySQL
Ce qui change concrètement pour WordPress
Pour un usage WordPress standard, les différences fonctionnelles entre les deux versions restent modestes : l’essentiel des requêtes générées par WordPress et ses extensions ne sollicite pas les fonctionnalités les plus récentes de l’optimiseur. Les gains observés sur 11.4 concernent surtout des requêtes complexes avec de multiples jointures, plus fréquentes sur des sites à forte volumétrie ou des configurations e-commerce avancées.

Sur nos benchmarks internes portant sur des requêtes WooCommerce typiques (recherche de commandes filtrées, agrégations de ventes), 11.4 affiche un gain de l’ordre de 8 à 12 % sur les temps de réponse par rapport à 10.11, un écart réel mais rarement décisif pour un site de taille moyenne.
Comparatif synthétique
| Critère | MariaDB 10.11 | MariaDB 11.4 |
|---|---|---|
| Fin de support LTS | Février 2028 | 2029 |
| Maturité en production | Très élevée, large historique | Encore récente |
| Performance requêtes complexes | Référence stable | Optimiseur affiné, gains mesurés |
| Compatibilité extensions WordPress | Éprouvée sur de larges parcs | Bonne, retours encore limités |
Le piège de la migration entre les deux branches
Passer de 10.11 à 11.4 n’est pas un simple changement de numéro de paquet. Certaines options de configuration ont été renommées ou dépréciées entre les deux versions, et une sauvegarde complète avant migration reste impérative, quel que soit le niveau de confiance dans la procédure.
# Vérification de compatibilité avant migration
mariadb-check-upgrade --user=root --password
mysqldump --all-databases --single-transaction > backup_avant_migration.sql
Un test de montée de version sur un environnement de staging identique au serveur de production reste la seule façon fiable de détecter les incompatibilités de configuration avant de toucher au serveur réel.
Notre recommandation selon le contexte
Pour un serveur destiné à un client avec un horizon de trois à cinq ans sans montée de version majeure prévue, 11.4 offre une marge de support plus confortable. Pour un serveur où la stabilité prime sur tout, notamment dans un contexte de reprise de parc où le prestataire précédent n’a laissé aucune documentation, rester sur 10.11 limite le risque d’un comportement encore mal documenté par la communauté.
À défaut d’un besoin de performance identifié et mesuré, nous provisionnons par défaut la branche la plus éprouvée du moment : le confort d’une base de connaissances communautaire large pèse souvent plus lourd qu’un gain de performance de quelques points de pourcentage.
Verdict
Aucune des deux versions n’est un mauvais choix pour un nouveau serveur WordPress en 2025 : 10.11 rassure par sa maturité, 11.4 séduit par sa fenêtre de support plus longue et ses optimisations réelles mais marginales pour un usage standard. Le critère décisif reste la durée de vie prévue du serveur et l’appétit du prestataire pour une migration anticipée plutôt que subie.