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Compteur de mots ou devis au caractère : facturer une traduction WordPress

Une agence devait chiffrer une prestation de traduction sans se tromper de méthode. Voici les unités de facturation courantes du métier, comparées.

Par Clément Hadrot • 25 février 2021 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
Compteur de mots ou devis au caractère : facturer une traduction WordPress

Une agence web pour laquelle je développe régulièrement des sites multilingues m’a demandé un avis technique avant d’envoyer un devis de traduction à un prestataire externe pour un site WordPress de 60 pages. Le chef de projet hésitait entre deux méthodes de comptage trouvées sur des forums de traducteurs, sans savoir laquelle correspondait aux pratiques réelles du métier ni comment l’appliquer correctement à un contenu WordPress structuré en blocs et en champs personnalisés.

Ce n’est pas un sujet purement administratif : une mauvaise unité de comptage, ou un comptage effectué sur le mauvais contenu, peut faire varier un devis du simple au double, et créer des tensions avec le prestataire si le nombre réel de mots à traduire diffère largement de l’estimation initiale transmise avant le début du travail.

Le mot comme unité de référence

La majorité des traducteurs professionnels francophones facturent au mot source, c’est-à-dire au nombre de mots du texte dans la langue de départ, avant traduction. Cette unité présente l’avantage d’être prévisible dès le devis initial, puisqu’elle ne dépend pas du volume final produit dans la langue cible, qui peut varier sensiblement : l’anglais est généralement plus concis que le français, tandis que l’allemand a tendance à produire des phrases plus longues pour un même sens.

Le tarif au mot varie fortement selon la paire de langues, la technicité du contenu et l’expérience du traducteur, de quelques centimes pour des langues très courantes à un tarif nettement supérieur pour des langues rares ou des domaines très spécialisés comme le juridique ou le médical.

Le caractère, unité de référence pour certaines langues

Pour les langues qui ne séparent pas leurs mots par des espaces, comme le japonais ou le chinois, la notion de « mot » perd son sens pratique de comptage. Les prestataires spécialisés dans ces langues facturent alors au caractère source, une unité qui reste cohérente quelle que soit la façon dont le texte est segmenté. Un devis mêlant plusieurs langues cibles, certaines facturées au mot et d’autres au caractère, doit clairement distinguer les deux méthodes ligne par ligne pour éviter toute confusion lors de la comparaison des offres.

L'essentiel à retenir : Le mot reste l'unité la plus répandue chez les traducteurs professionnels francophones ; Le caractère est privilégié pour les langues sans espaces entre les mots ; Compter le contenu HTML brut fausse systématiquement le devis

Le cas particulier des devis à la page

Certains prestataires, notamment pour des documents juridiques normalisés, facturent à la page standard, une unité définie contractuellement (souvent 250 ou 300 mots par page conventionnelle). Cette méthode, peu adaptée au contenu web qui varie énormément en longueur d’une page à l’autre, reste rare pour des projets WordPress et davantage réservée aux traductions de documents PDF ou Word.

Ce qu’il faut réellement compter sur un site WordPress

L’erreur la plus fréquente consiste à copier le contenu HTML brut d’une page, balises comprises, dans un compteur de mots générique. Les balises HTML, les attributs et parfois des scripts intégrés gonflent artificiellement le nombre de mots comptés, faussant le devis à la hausse de façon significative. Le comptage correct doit porter uniquement sur le texte visible : titre, corps de l’article, champs personnalisés traduisibles, libellés de menu et chaînes de thème identifiées avec le module de traduction de chaînes.

  • Exportez le contenu via l’éditeur de traduction du plugin multilingue plutôt que via le code source brut de la page.
  • N’oubliez pas les champs SEO (titre, meta description) dans le comptage, ils font partie intégrante du travail de traduction.
  • Excluez le texte déjà présent en mémoire de traduction d’un projet précédent, car la plupart des outils professionnels appliquent une remise sur les segments répétés ou déjà traduits.

Comparer plusieurs devis sur des bases identiques

Pour comparer objectivement deux devis reçus de prestataires différents, je recommande de toujours demander le détail de l’unité utilisée, le tarif appliqué, et la méthode de comptage retenue avant de comparer les montants finaux. Un devis apparemment moins cher au premier regard peut se révéler plus coûteux une fois ramené à la même unité de comptage que le devis concurrent.

UnitéLangues concernéesAvantage principal
Mot sourceLangues à espaces (français, anglais, allemand…)Prévisible dès le devis initial
Caractère sourceLangues sans espaces (japonais, chinois…)Cohérent quelle que soit la segmentation
Page standardDocuments juridiques normalisésAdapté aux formats fixes, rare en web

Je recommande systématiquement à mes clients de faire exporter le comptage de mots directement depuis l’écran de traduction du plugin multilingue installé, jamais depuis un copier-coller du contenu affiché à l’écran : c’est la seule source fiable et vérifiable par les deux parties.

Pour aller plus loin

Le choix de l’unité de facturation d’une traduction WordPress dépend avant tout de la langue cible et des usages du prestataire sollicité, le mot restant la norme pour la plupart des langues européennes. La vraie vigilance technique se situe ailleurs : s’assurer que le comptage transmis au prestataire correspond exactement au texte visible réellement traduisible, extrait proprement depuis les outils du plugin multilingue, et non depuis un contenu HTML brut qui fausserait toute estimation.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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