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L’éditeur de traduction avancé de WPML (ATE) : prise en main et limites réelles

Une équipe éditoriale a hérité de l'éditeur de traduction avancé de WPML sans documentation ni formation. Voici ce que cet outil fait bien, ce qu'il ne fait pas, et les raccourcis qui font vraiment gagner du temps.

Par Clément Hadrot • 14 janvier 2023 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
L'éditeur de traduction avancé de WPML (ATE) : prise en main et limites réelles

Une équipe éditoriale d’un site de formation professionnelle en ligne, comptant six rédactrices et un traducteur en interne, s’est retrouvée un matin face à une interface qu’elle ne connaissait pas : l’éditeur de traduction avancé de WPML, généralement abrégé ATE, venait de remplacer l’ancien mode de traduction ligne par ligne utilisé jusque-là sur le site. Aucune formation n’avait été prévue, et l’équipe nous a sollicités pour un tour de prise en main accompagné d’une évaluation honnête de ce que l’outil permet vraiment.

ATE mérite qu’on s’y arrête, car il change sensiblement la façon de traduire par rapport à une simple traduction de chaque champ dans l’éditeur classique WordPress. Voici ce que nous avons montré à cette équipe, et les limites que nous avons identifiées en pratique.

L’interface : texte source et cible côte à côte, segment par segment

ATE, accessible depuis WPML → Traduction → Traduire vos contenus puis en ouvrant une tâche assignée, découpe automatiquement le contenu source en segments — généralement des phrases ou des blocs de texte cohérents — et affiche chaque segment source à gauche, avec un champ de saisie de la traduction juste à droite. Ce découpage en segments, hérité des outils de TAO professionnels, permet de traiter un article long sans perdre le fil, et conserve la mise en forme (gras, liens, listes) sans que le traducteur ait à manipuler du HTML brut.

Un panneau latéral affiche, pour chaque segment, les correspondances de mémoire de traduction : si une phrase identique ou très proche a déjà été traduite ailleurs sur le site, ATE la propose automatiquement, avec un pourcentage de correspondance. Sur ce projet, où de nombreuses fiches de formation partagent des blocs de texte réglementaires identiques, cette mémoire de traduction a fait gagner un temps réel dès la première semaine d’usage.

Les trois statuts à connaître absolument

L'essentiel à retenir : ATE affiche le texte source et cible côte à côte, phrase par phrase ; Le mode révision distingue les statuts brouillon, à relire et terminé ; ATE ne gère pas la mise en page avancée d'un contenu construit en blocs complexes

ATE distingue trois statuts par segment, puis un statut global par document, qu’il faut apprendre à lire correctement pour éviter de publier une traduction incomplète :

  • Brouillon (not translated) : le segment n’a reçu aucune traduction, le texte source reste affiché tel quel côté public si le document est publié en l’état.
  • Traduit, en attente de relecture (needs review) : une traduction a été saisie, mais aucun second regard ne l’a validée. Selon le workflow de traduction configuré, ce statut peut suffire à autoriser la publication, ou bloquer tant qu’un relecteur n’est pas intervenu.
  • Terminé (completed) : la traduction a été validée par le rôle désigné comme relecteur dans le workflow WPML.

L’erreur que nous avons vue commise deux fois par cette équipe la première semaine : confondre « traduit » et « terminé », et publier un contenu encore marqué « en attente de relecture », faute d’avoir configuré une étape de validation obligatoire dans WPML → Traduction → Rôles de traduction.

Ce qu’ATE fait remarquablement bien

  • La navigation au clavier entre segments (touches fléchées et raccourcis dédiés), qui accélère nettement la saisie sur un document long.
  • La détection automatique des chiffres, dates et balises HTML identiques entre source et cible, avec une alerte si un segment traduit ne les reprend pas à l’identique — utile pour repérer une traduction ayant, par erreur, changé un prix ou une date.
  • L’intégration directe des moteurs de traduction automatique (DeepL, Google, Microsoft selon les crédits WPML disponibles) comme point de départ éditable segment par segment, plutôt que comme un remplacement en bloc du contenu.

Les limites concrètes rencontrées sur ce projet

La mise en page issue de blocs complexes

Sur les fiches de formation utilisant des motifs de blocs Gutenberg imbriqués (colonnes, groupes avec fond coloré), ATE affiche correctement le texte à traduire mais ne permet pas de réorganiser la structure des blocs depuis son interface : toute modification de mise en page doit repasser par l’éditeur de blocs classique, une fois la traduction textuelle terminée. Pour un contenu à structure très visuelle, ce va-et-vient entre deux interfaces a surpris l’équipe au départ.

La longueur des segments parfois mal découpée

Sur des blocs de code ou des tableaux volumineux insérés dans le contenu, le découpage automatique en segments produit parfois des unités trop fines (une cellule de tableau isolée sans son contexte de ligne), rendant la traduction moins naturelle si le traducteur ne prend pas le temps de consulter l’aperçu du document complet en parallèle.

ATE change la manière de traduire, pas ce qu’il y a à traduire. Une équipe qui prend dix minutes pour comprendre les trois statuts de segment évite l’essentiel des erreurs de publication que nous constatons en début d’usage.

Ce que cet article ne traite pas

ATE intègre également un système de crédits de traduction automatique consommés à l’usage des moteurs tiers, avec sa propre grille tarifaire et ses arbitrages économiques : ce volet mérite un traitement séparé et n’est pas détaillé ici.

En résumé

L’éditeur de traduction avancé de WPML apporte une réelle amélioration de confort par rapport à une traduction champ par champ, notamment grâce à la mémoire de traduction et à la navigation par segments. Sa limite principale touche les contenus à structure de blocs complexe, qui nécessitent encore un passage par l’éditeur classique pour la mise en forme. Une équipe éditoriale qui comprend la distinction entre les trois statuts de traduction évite l’essentiel des erreurs de publication prématurée que nous observons lors d’une prise en main non accompagnée.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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