Une agence gérant une trentaine de sites WordPress cherchait un outil de supervision de disponibilité simple, au-delà du sommaire script cron existant. Deux options concurrentes se sont imposées rapidement dans les discussions internes : Uptime Kuma, outil open source auto-hébergeable devenu très populaire ces dernières années, et Better Stack, service SaaS de supervision et d’incident management payant. Le débat s’est cristallisé sur une question simple : payer un abonnement mensuel, ou héberger soi-même l’outil gratuitement ?
Uptime Kuma : gratuit, mais qui surveille le surveillant ?
Uptime Kuma s’installe en quelques minutes via Docker, avec une interface web soignée qui permet de configurer des vérifications HTTP, TCP, DNS ou même des requêtes de base de données, sans écrire une ligne de configuration complexe. Son coût de licence est nul, seul le serveur qui l’héberge a un coût, généralement minime pour ce type de charge.
docker run -d --restart=always -p 3001:3001 \
-v uptime-kuma:/app/data \
--name uptime-kuma louislam/uptime-kuma:1
Le point faible structurel d’Uptime Kuma, une fois auto-hébergé sur un serveur du même parc qu’il surveille, se révèle précisément lors de l’incident le plus critique : si le datacenter ou le fournisseur réseau qui héberge à la fois les sites clients et l’instance Uptime Kuma tombe en panne globale, l’outil de surveillance tombe avec ce qu’il devait surveiller, sans jamais émettre la moindre alerte.
Better Stack : un service géré, supervisé depuis l’extérieur
Better Stack fonctionne comme un service tiers entièrement externe à l’infrastructure surveillée, avec des sondes réparties dans plusieurs régions du monde, une page de statut publique prête à l’emploi et une gestion d’astreinte intégrée (rotation des alertes, escalade automatique si personne ne répond dans un délai fixé). Son coût dépend du nombre de moniteurs et de la fréquence de vérification, avec des paliers tarifaires selon la taille du parc supervisé.
| Critère | Uptime Kuma | Better Stack |
|---|---|---|
| Coût de licence | Gratuit | Abonnement mensuel |
| Points de sonde | Un seul, à héberger soi-même | Multiples, répartis mondialement |
| Résilience en cas de panne du parc | Faible, dépend du même réseau | Totale, infrastructure indépendante |
| Gestion d’astreinte | Basique, notifications simples | Rotation et escalade intégrées |
| Maintenance de l’outil | À la charge de l’agence | Assurée par le prestataire |

Le vrai critère de décision : l’indépendance du point de vue
La question centrale n’est finalement pas le coût, mais l’indépendance géographique et réseau du point d’observation. Un outil de supervision hébergé sur le même réseau que ce qu’il surveille souffre d’un angle mort structurel : il ne peut pas signaler une panne qui l’affecte lui-même en même temps que ses cibles, précisément le scénario où l’alerte compte le plus.
Pour cette agence, la solution retenue a été hybride plutôt qu’exclusive : Uptime Kuma conservé pour des vérifications internes fines (état de PHP-FPM, espace disque, métriques que Better Stack ne collecte pas nativement), et Better Stack ajouté spécifiquement pour la supervision externe de disponibilité HTTP et la gestion d’astreinte, le point réellement critique en cas de panne globale du parc.
- Ne jamais faire reposer la seule alerte de disponibilité sur un outil hébergé dans le même périmètre que ce qu’il surveille
- Réserver Uptime Kuma aux vérifications internes fines, moins critiques en cas de panne réseau totale
- Confier la supervision externe et l’astreinte à un service véritablement indépendant du parc surveillé
Un outil de supervision gratuit qui tombe en même temps que ce qu’il surveille coûte, en réalité, bien plus cher qu’un abonnement payant qui prévient à temps.
Notre verdict
Uptime Kuma reste un excellent choix pour des vérifications techniques internes détaillées, à coût nul, tant qu’il ne constitue pas l’unique filet de sécurité en cas de panne globale. Better Stack se justifie précisément pour ce rôle de dernier recours, en tant que point de vue externe et indépendant, dont le coût se compare avantageusement à celui d’un incident non détecté à temps.