Un même site WordPress, la même configuration de thème et d’extensions, déployé successivement sur deux infrastructures d’hébergement européennes : c’est le protocole retenu pour comparer Infomaniak et Scaleway sur un critère précis, la latence perçue depuis plusieurs régions géographiques, et son effet sur les indicateurs Core Web Vitals qui en dépendent directement. Ce comparatif ne traite pas la conformité RGPD des données hébergées chez l’un ou l’autre prestataire, un sujet distinct qui mériterait son propre traitement.
Protocole de test retenu
Le site utilisé pour ce comparatif est une installation WordPress standard, sans cache de page agressif qui aurait pu masquer les différences d’infrastructure sous-jacentes. La mesure a porté sur le temps de première réponse du serveur, ou TTFB, depuis quatre points de mesure distincts en Europe, à l’aide d’un outil de test de performance en ligne interrogeant chaque hébergement à intervalles réguliers sur plusieurs jours, afin de lisser les variations ponctuelles de charge réseau.
Résultats du TTFB par région

| Région de mesure | Infomaniak (TTFB moyen) | Scaleway (TTFB moyen) |
|---|---|---|
| France | 62 ms | 58 ms |
| Allemagne | 81 ms | 94 ms |
| Espagne | 97 ms | 112 ms |
| Italie | 103 ms | 118 ms |
Sur ce protocole précis, Infomaniak affiche un léger désavantage sur la mesure la plus proche de son centre de données principal, en France, mais reprend l’avantage sur les trois autres régions testées, avec un écart moyen global d’environ 45 millisecondes en sa faveur sur l’ensemble des points de mesure.
Effet mesuré sur le LCP
Le TTFB constitue une composante directe du Largest Contentful Paint : plus le serveur met de temps à répondre, plus tard commence le téléchargement des ressources nécessaires à l’affichage de l’élément principal de la page. Sur les pages testées ici, dont l’élément le plus visible était une image d’en-tête, l’écart de TTFB observé s’est répercuté presque intégralement sur le LCP mesuré, sans amplification ni atténuation particulière, ce qui confirme que l’écart entre les deux hébergeurs se joue bien à ce niveau et non sur un autre facteur du rendu de page.
Un facteur à ne pas négliger : la localisation du public visé
Ce comparatif souligne un point souvent sous-estimé : la performance d’un hébergeur n’est pas un chiffre unique et absolu, elle dépend fortement de la localisation géographique du public réel du site. Un site dont l’essentiel du trafic vient de France profite davantage d’un centre de données proche, quel que soit l’hébergeur choisi, alors qu’un site à audience plus largement européenne doit arbitrer différemment.
Autres critères qui entrent en jeu au-delà de la latence brute
- La disponibilité d’options de cache d’objets persistant, comme Redis, en configuration native ou en ajout simple, un point qui influence la performance réelle bien au-delà de la seule latence réseau mesurée ici.
- La facilité de mise à l’échelle en cas de pic de trafic soudain, un critère qui ne s’exprime pas dans une mesure de latence en conditions normales.
- Le support technique et la documentation disponible, un aspect qualitatif qui ne figure dans aucun tableau de mesure mais pèse dans la décision au quotidien.
Notre verdict
Sur le seul critère du temps de réponse mesuré depuis plusieurs régions européennes, Scaleway prend un léger avantage pour un public strictement français proche de son centre de données principal, tandis qu’Infomaniak s’avère plus régulier sur l’ensemble des régions testées, un atout pour un site à audience européenne plus large. Aucun des deux hébergeurs ne domine dans l’absolu : le choix dépend directement de la répartition géographique réelle des visiteurs du site concerné, une donnée à vérifier dans les outils d’analyse d’audience avant de trancher entre les deux offres.