91 % contre 22 % : le taux de succès du cache de page mesuré sur deux configurations en apparence identiques d’un même site, à quelques semaines d’écart. Entre les deux relevés, une seule ligne de configuration avait changé, mais elle avait suffi à faire fonctionner un mécanisme d’exclusion resté invisible pendant des mois.
Sur ce site de location de matériel événementiel, la plupart des extensions de cache de page suivent une règle simple : si un cookie particulier est présent dans la requête du visiteur, la page n’est pas servie depuis le cache mais générée dynamiquement, sur l’hypothèse que ce cookie signale un visiteur connecté ou un état de session à respecter. Cette règle, utile pour éviter d’afficher un panier ou une session à un autre visiteur, devient un problème dès qu’un cookie sans rapport avec ces cas légitimes se met à circuler largement.
Le symptôme : un cache qui fonctionne, mais mal
Le tableau de bord de l’extension de cache affichait un taux de succès stable autour de 22 %, un chiffre bien trop bas pour un site dont la majorité des visiteurs ne se connectent jamais et ne remplissent aucun panier persistant. La configuration du cache elle-même, vérifiée à plusieurs reprises, semblait pourtant correcte : durée d’expiration cohérente, purge fonctionnelle après publication, exclusions limitées aux pages de compte et de paiement.
Le diagnostic : un cookie fantôme dans les journaux

L’inspection des journaux du serveur web, filtrés sur les requêtes marquées comme non servies depuis le cache, a révélé la présence systématique d’un cookie nommé wpm_test_variante_ab dans les en-têtes de requête d’une grande partie des visiteurs. Ce cookie provenait d’une extension de test A/B installée près d’un an plus tôt pour comparer deux versions d’une page d’accueil, puis désinstallée sans que le cookie qu’elle posait chez les visiteurs n’ait jamais été explicitement expiré.
La configuration de l’extension de cache de page incluait une règle générique excluant du cache toute requête portant un cookie commençant par wpm_test_, ajoutée à l’époque du test A/B pour garantir que chaque visiteur voie la variante qui lui avait été assignée. Cette règle, jamais retirée après la fin du test, continuait de s’appliquer à tout visiteur ayant, un jour, chargé une page pendant la période du test A/B, et dont le navigateur conservait encore ce cookie, valable un an selon sa configuration d’origine.
Le correctif : retirer la règle et purger les cookies existants
La règle d’exclusion a été retirée de la configuration de l’extension de cache :
// Avant : exclusion de toute requête portant ce cookie
add_filter( 'wpm_cache_cookies_exclus', function ( $cookies ) {
$cookies[] = 'wpm_test_variante_ab';
return $cookies;
} );
// Après : la règle a simplement été retirée du filtre,
// aucun remplacement n'était nécessaire.
Retirer la règle ne suffisait pas à effacer les cookies déjà présents chez les visiteurs récurrents. Un script JavaScript de nettoyage, chargé une seule fois via wp_enqueue_script() avec une condition temporaire, a supprimé ce cookie côté navigateur pour les visiteurs qui le portaient encore, avant d’être lui-même retiré une fois son rôle rempli.
Vérifier qu’aucune autre règle fantôme ne subsiste
- Lister systématiquement, dans la configuration de l’extension de cache, toutes les règles d’exclusion par cookie, par paramètre d’URL ou par en-tête.
- Pour chaque règle, vérifier qu’elle correspond encore à un mécanisme actif du site, et non à une fonctionnalité désinstallée depuis.
- Croiser les journaux serveur avec la liste des cookies réellement présents dans les requêtes des visiteurs pour repérer ceux qui ne correspondent plus à rien.
Une leçon sur la désinstallation des extensions
Le problème ne venait pas d’une erreur de configuration du cache lui-même, mais d’un résidu laissé par une extension qu’on croyait proprement retirée. Peu d’extensions de test A/B ou de personnalisation prennent la peine d’expirer les cookies qu’elles ont posés au moment de leur désinstallation, laissant ce type de règle orpheline s’accumuler au fil des projets successifs sur un même site.
Une règle d’exclusion de cache reste active bien après que sa raison d’être a disparu : l’audit régulier de ces règles mérite sa place dans toute checklist de maintenance.
En résumé
Un cookie posé il y a près d’un an par une extension depuis longtemps désinstallée continuait d’exclure silencieusement une majorité de visiteurs du cache de page. Retirer la règle d’exclusion devenue obsolète a fait grimper le taux de succès du cache de 22 à 91 % sans toucher à aucun autre réglage du site.