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Traduction automatique livrée sans relecture : les erreurs que nous corrigeons le plus

Un client a mis en ligne une traduction automatique de son site sans relecture, persuadé qu'elle était fiable. Voici les erreurs récurrentes que nous avons dû corriger, classées par gravité réelle pour l'activité du client.

Par Clément Hadrot • 10 août 2023 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
Traduction automatique livrée sans relecture : les erreurs que nous corrigeons le plus

Un client fabricant de matériel médical léger (attelles, ceintures de soutien) nous a confié un audit de sa version allemande, mise en ligne quatre mois plus tôt via une traduction automatique générée en interne, sans relecture par un locuteur natif, pour tenir un délai de salon professionnel. Le client, satisfait de la fluidité apparente du texte à sa propre lecture (il ne parle pas allemand), pensait le travail suffisant. Un audit sur douze pages seulement a suffi à relever dix-neuf erreurs significatives, certaines sans conséquence, d’autres potentiellement problématiques pour un fabricant de matériel médical.

Cet article liste les erreurs récurrentes rencontrées sur ce projet et sur d’autres cas similaires traités en agence, classées par ce qu’elles révèlent sur les limites structurelles de la traduction automatique non relue, pas seulement sur des fautes isolées.

Ce qu’on voit : le contresens sur un terme technique

Sur la fiche produit d’une ceinture lombaire, le terme français « maintien » (dans le sens de soutien postural) avait été traduit par un terme allemand renvoyant plutôt à l’idée de « conservation » ou de « préservation », un faux-ami sémantique fréquent entre les deux langues sur ce champ lexical précis. Le sens global de la phrase restait à peu près compréhensible pour un lecteur indulgent, mais un terme technique erroné sur un dispositif à visée médicale, même léger, expose à un risque de mauvaise interprétation par l’acheteur sur l’usage réel du produit.

Pourquoi c’est un problème : un moteur de traduction automatique choisit la traduction statistiquement la plus fréquente d’un terme, sans connaissance du champ lexical spécifique du secteur médical où ce terme a un sens plus restreint.

Quoi faire : constituer un glossaire des dix à vingt termes les plus sensibles du secteur avant toute traduction automatique, et le faire valider par un professionnel du secteur, pas seulement par un locuteur natif généraliste.

Ce qu’on voit : un ton inadapté au registre attendu

L'essentiel à retenir : Un contresens sur un terme technique peut avoir des conséquences commerciales directes ; Une traduction automatique sans relecture véhicule souvent un ton inadapté au registre du site ; Certaines erreurs ne sont visibles que par un locuteur natif, jamais par un simple contrôle grammatical

Le site utilisait, en français, un vouvoiement chaleureux et rassurant, cohérent avec une clientèle parfois anxieuse face à une douleur physique. La traduction automatique allemande, elle, employait un registre plus neutre et technique, proche d’une notice d’utilisation, sans la dimension rassurante du texte source. Aucune des phrases prises isolément n’était fausse ; c’est l’accumulation, sur l’ensemble du parcours de commande, qui donnait une impression de site moins engageant que sa version française.

Pourquoi c’est un problème : un moteur de traduction automatique optimise la fidélité au sens littéral, rarement la tonalité émotionnelle d’un texte, qui dépend fortement du contexte commercial et culturel.

Quoi faire : préciser explicitement le registre attendu dans les instructions données au moteur ou au prestataire (si l’outil le permet), et faire relire au minimum les pages à fort enjeu commercial (pages produit, tunnel de commande) par un locuteur natif, même sans relire l’intégralité du site.

Ce qu’on voit : une unité de mesure mal convertie

Une fiche produit mentionnait un tour de taille en centimètres dans le texte source français, correctement recopié en centimètres dans la traduction allemande — ce qui, en soi, était correct puisque l’Allemagne utilise aussi le système métrique. Le risque inverse, que nous avons rencontré sur un autre projet destiné au marché britannique, est la conservation d’une unité métrique non convertie en pouces alors que le public cible attend cette unité, une erreur qu’un moteur de traduction automatique ne corrige jamais de lui-même, la conversion d’unité n’étant pas de sa responsabilité.

Pourquoi c’est un problème : la traduction automatique traduit du texte, elle ne convertit pas les données numériques associées à un système de mesure différent.

Quoi faire : traiter la conversion d’unités comme une tâche séparée de la traduction elle-même, avec une vérification systématique pour chaque marché cible utilisant un système de mesure différent.

Ce qu’on voit : une expression idiomatique traduite littéralement

Le slogan d’accroche, « Un dos soulagé, une vie allégée », reposait sur une figure de style en français qui n’a pas d’équivalent direct en allemand. Traduit littéralement, il produisait une phrase grammaticalement correcte mais dénuée de l’effet recherché, un phénomène que même un relecteur non natif peine parfois à identifier, car rien n’est « faux » au sens strict.

Pourquoi c’est un problème : une expression fondée sur un jeu de mots ou une figure de style ne se traduit jamais littéralement sans perte, quel que soit l’outil utilisé.

Quoi faire : identifier en amont les slogans et accroches à forte charge stylistique, et les confier systématiquement à une transcréation humaine plutôt qu’à une traduction automatique, même relue.

Une traduction automatique non relue peut sembler fluide à un lecteur qui ne parle pas la langue cible. C’est précisément ce faux sentiment de sécurité qui rend cette pratique risquée sur un site commercial.

Ce que cet article ne traite pas

La question plus large de la confiance générale à accorder à l’intelligence artificielle dans un contexte professionnel a été traitée séparément côté rubrique IA. Cet article se concentre uniquement sur les erreurs concrètes de traduction relevées en agence sur du contenu livré sans relecture.

En résumé

Une traduction automatique sans relecture accumule des erreurs de nature différente : contresens sur du vocabulaire technique sectoriel, décalage de registre invisible phrase par phrase, unités de mesure non converties, et expressions idiomatiques traduites littéralement. Aucune de ces erreurs n’est nécessairement grossière prise isolément ; c’est leur accumulation sur l’ensemble d’un site qui dégrade la confiance d’un visiteur natif de la langue cible.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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