La Font Library a capté presque toute l’attention autour de WordPress 6.5, au point de faire de l’ombre à des ajouts plus techniques mais tout aussi utiles pour qui construit des thèmes blocs au quotidien. Voici les quatre évolutions de l’éditeur de site qui changent concrètement le travail, classées par ordre d’impact décroissant.
1. Les variations de style par bloc dans theme.json
Jusqu’ici, une variation de style globale (déclarée dans styles/ et sélectionnable depuis le Style Book) s’appliquait à l’ensemble du site. WordPress 6.5 permet de déclarer des variations propres à un type de bloc précis, directement sous styles.blocks dans theme.json :
{
"styles": {
"blocks": {
"core/button": {
"variations": {
"outline": {
"color": {
"text": "var(--wp--preset--color--contrast)",
"background": "transparent"
},
"border": {
"color": "var(--wp--preset--color--contrast)",
"width": "2px"
}
}
}
}
}
}
}
Concrètement, un bouton peut désormais proposer, depuis le panneau Styles du bloc lui-même, un choix « Plein » ou « Contour » sans qu’aucun CSS additionnel ni aucune classe manuelle ne soit nécessaire. C’est un changement d’échelle réel pour les thèmes qui proposaient jusque-là ces variantes via des classes CSS ad hoc peu découvrables.

2. Block Hooks : des patterns qui s’insèrent automatiquement
Un pattern ou une extension peut désormais déclarer qu’il doit s’insérer automatiquement à un endroit précis de la structure d’un thème bloc, sans intervention de l’utilisateur, via la propriété blockHooks lors de l’enregistrement du pattern :
register_block_pattern(
'mon-plugin/bloc-partage-social',
array(
'title' => 'Partage social',
'content' => '<!-- wp:paragraph -->...<!-- /wp:paragraph -->',
'blockHooks' => array(
'core/post-content' => 'after',
),
)
);
Ce mécanisme cible surtout les auteurs d’extensions qui souhaitaient jusqu’ici demander manuellement à l’utilisateur d’insérer un bloc précis (partage social, bloc de consentement) : le Block Hook s’insère de lui-même dans le rendu du template ciblé, tout en restant visible et déplaçable dans l’éditeur si l’utilisateur souhaite l’ajuster.
3. Révisions étendues aux templates et template parts
Les révisions, jusqu’ici réservées aux styles globaux depuis la 6.3, couvrent désormais aussi les templates et les template parts personnalisés. L’icône d’horloge du panneau latéral, en mode édition d’un template, ouvre le même historique consultable que celui des styles, avec la même limite : une restauration s’applique à l’intégralité du template, pas à un bloc isolé en son sein.
4. Contrôle des liens : statut de la page ciblée visible directement
Le contrôle de lien (la fenêtre qui s’ouvre en tapant / ou en insérant un lien) affiche désormais le statut de la page ou de l’article ciblé — brouillon, en attente de relecture, publié — directement dans les suggestions de recherche. Un détail qui évite l’erreur classique consistant à lier vers un contenu encore en brouillon sans s’en rendre compte au moment de la rédaction.
Ce qui ne change pas encore
- Le fond d’image sur le bloc Groupe reste réservé à une prise en charge expérimentale à ce stade, pas encore stabilisée sur l’ensemble des blocs de mise en page.
- Les crochets de blocs (Block Hooks) ne couvrent que quelques emplacements prédéfinis par les thèmes compatibles, pas n’importe quel point d’un template arbitraire.
Notre verdict
Sur un projet de thème sur mesure, les variations de style par bloc sont, de loin, l’ajout le plus rentable de cette liste : elles remplacent des classes CSS personnalisées mal documentées par un mécanisme natif, visible et modifiable directement dans l’éditeur par n’importe quel rédacteur. Les Block Hooks intéressent surtout les auteurs d’extensions ; les révisions de templates rassurent, mais changent moins le quotidien qu’elles n’évitent un incident ponctuel.