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Un an après l’obligation totale de l’EAA : ce que les audits remontent

Passé le cap de l'obligation légale, les audits commandés en urgence remontent des motifs récurrents. Panorama de ce qui revient le plus souvent, secteur par secteur.

Par Clément Hadrot • 9 février 2026 • 4 min de lecture • Aucun commentaire
Un an après l'obligation totale de l'EAA : ce que les audits remontent

Ce billet ne revient pas sur la course à la mise en conformité qui a occupé beaucoup d’agences l’an dernier — ce sujet a déjà été traité en détail. Il s’intéresse à autre chose : ce que remontent, mois après mois, les audits commandés une fois l’obligation entrée en application. Passé le pic de mise en conformité, un motif clair se dégage dans nos dossiers récents.

Sur la soixantaine d’audits de suivi réalisés depuis, un constat domine largement les autres : ce ne sont presque jamais les composants d’origine, corrigés lors de la mise en conformité, qui posent problème. Ce sont ceux ajoutés après coup.

Le socle initial tient globalement bon

Les sites qui ont fait l’objet d’une mise en conformité sérieuse conservent, dans l’ensemble, un niveau correct sur leur structure d’origine : navigation principale, formulaires historiques, gabarits de page validés lors de l’audit initial. C’est une bonne nouvelle qui mérite d’être dite : le travail de fond n’a pas été vain.

Les composants ajoutés après coup, premier motif de régression

L'essentiel à retenir : Les non-conformités les plus fréquentes concernent des composants ajoutés après coup, pas le socle initial ; Les sites corrigés en urgence en 2025 montrent des régressions six mois plus tard ; La maintenance de l'accessibilité pèse désormais plus lourd que sa mise en conformité initiale

Le problème surgit avec tout ce qui a été ajouté depuis : un nouveau bloc promotionnel construit par un stagiaire pressé, un plugin de calendrier d’événements installé pour une campagne ponctuelle, un widget tiers ajouté sans repasser par la check-list de recette accessibilité. Sur nos audits de suivi, 61 % des non-conformités relevées concernent des éléments qui n’existaient pas au moment de l’audit initial.

Les régressions silencieuses des mises à jour

Deuxième motif récurrent : des mises à jour de plugins ou de thèmes qui modifient un comportement jugé accessible sans que personne ne le remarque avant plusieurs mois. Une mise à jour de plugin de formulaire qui change la structure de ses messages d’erreur, un thème qui révise sa palette de couleurs par défaut : ces évolutions passent rarement par une nouvelle revue d’accessibilité, alors qu’elles devraient.

Le cas des agences qui n’ont pas conservé de documentation

Les sites les plus fragiles sont ceux dont l’agence d’origine n’a laissé aucune trace du travail de mise en conformité : pas de check-list, pas de liste de composants validés, pas de procédure de recette pour les nouveaux ajouts. Quand une nouvelle équipe reprend la main, elle repart de zéro sans savoir ce qui avait déjà été traité.

La maintenance devient le vrai sujet

Ce constat déplace le centre de gravité du sujet accessibilité : la difficulté n’est plus de mettre un site en conformité une fois, mais de le maintenir conforme dans la durée, au fil des mises à jour et des ajouts de contenu. Les clients qui ont le mieux traversé cette première année sont ceux qui ont mis en place une procédure de recette systématique pour tout nouvel élément ajouté au site, pas seulement ceux qui avaient le budget d’audit initial le plus généreux.

  • Une check-list de recette accessibilité, appliquée à chaque nouveau plugin ou composant
  • Un test clavier systématique après chaque mise à jour majeure de plugin
  • Une revue de contraste dès qu’une palette de couleurs est modifiée

Les secteurs les plus exposés à ces régressions

Sans surprise, les secteurs qui ajoutent le plus de contenu et de fonctionnalités en continu — médias, e-commerce, associations organisant des campagnes régulières — sont ceux où ces régressions apparaissent le plus vite. Les sites institutionnels au contenu plus stable montrent une meilleure tenue dans le temps.

Un audit d’accessibilité n’est jamais un aboutissement. C’est une photographie, valable jusqu’au prochain ajout de contenu ou à la prochaine mise à jour de plugin.

Notre verdict

Le vrai sujet de cette phase post-obligation n’est plus la mise en conformité, largement engagée, mais sa tenue dans la durée. Les audits de suivi doivent désormais porter une attention particulière à ce qui a été ajouté depuis la dernière revue, et les clients doivent comprendre que l’accessibilité se maintient comme la sécurité : par une vigilance continue, pas par un chantier ponctuel qu’on referme définitivement.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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