Une agence partenaire nous a sollicités en février pour un cas précis : un de leurs clients, éditeur d’un comparateur de logiciels, voyait apparaître des sessions inhabituelles dans son tableau de bord Google Analytics 4, classées en « Autre » ou rattachées par erreur au canal Direct. L’origine réelle : des clics provenant de réponses générées par ChatGPT et Perplexity, qui citaient certaines pages du comparateur.
Ce cas illustre un problème devenu courant depuis le début de l’année : GA4 ne sait pas nativement identifier ces sources comme un canal à part entière, et les regroupe selon des règles pensées pour le trafic classique.
Le problème : une catégorisation par défaut trompeuse
GA4 détermine le canal d’acquisition à partir du référent HTTP et de règles internes de correspondance. Or les liens cliqués depuis une réponse de ChatGPT n’envoient parfois aucun référent standard, ou un référent qui ne correspond à aucune règle prédéfinie dans l’outil, ce qui pousse GA4 à classer ces sessions en (direct) — un classement qui masque complètement l’origine réelle du trafic.
Perplexity, à l’inverse, transmet généralement un référent exploitable, ce qui permet de le retrouver dans le rapport Trafic d’acquisition sous forme de domaine brut, sans catégorie dédiée.
Étape 1 : auditer les référents bruts existants
Avant de configurer quoi que ce soit, nous avons croisé le rapport « Acquisition de trafic » avec la dimension secondaire Session source / support, filtrée sur les 90 derniers jours, pour repérer les domaines suspects.

| Domaine référent observé | Origine probable | Traitement GA4 par défaut |
|---|---|---|
| perplexity.ai | Perplexity | Trafic référent générique |
| chat.openai.com | ChatGPT (lien cliqué dans l’interface) | Trafic référent générique |
| (aucun référent) | ChatGPT (application mobile, certains contextes) | Direct |
Étape 2 : créer un canal personnalisé dans GA4
GA4 permet de définir des groupes de canaux personnalisés dans Admin > Définitions de données > Groupes de canaux. Nous avons créé une règle prioritaire, positionnée avant les règles par défaut, qui capture les référents connus :
Nom du canal : IA générative
Condition : Session source contient "perplexity.ai"
OU Session source contient "chatgpt.com"
OU Session source contient "chat.openai.com"
Cette règle ne résout pas le cas du trafic sans référent classé en Direct, mais elle isole immédiatement une part significative du trafic IA identifiable, ce qui suffisait aux besoins de reporting mensuel de l’agence.
Étape 3 : compléter avec un marquage UTM côté source
Pour les liens que le client contrôle lui-même — ceux soumis dans un fichier llms.txt ou cités dans une documentation destinée à être reprise par un modèle — l’ajout de paramètres UTM explicites reste la méthode la plus fiable, puisqu’elle ne dépend d’aucune règle de correspondance approximative :
https://exemple.fr/comparatif-crm/?utm_source=chatgpt&utm_medium=ia-generative&utm_campaign=citation
Cette technique ne fonctionne que pour les liens directement contrôlés dans le contenu source ; elle ne peut rien pour les citations générées automatiquement par le modèle sans lien explicite.
Ce que les chiffres ont montré sur ce projet
Sur la période analysée, le trafic référent identifiable en provenance de ChatGPT et Perplexity représentait 0,4 % du trafic total du comparateur — un volume faible en absolu, mais en progression de mois en mois depuis le lancement de la fonction de navigation de ChatGPT fin 2023. L’agence a choisi d’en faire un indicateur de suivi mensuel dédié plutôt qu’une ligne noyée dans le trafic référent général.
Un canal à 0,4 % qui double tous les deux mois mérite sa propre ligne de reporting, même s’il reste invisible dans le total.
En résumé
Suivre le trafic référent des chatbots IA dans GA4 demande une intervention manuelle : la plateforme ne propose aujourd’hui aucune détection native de ce canal. Un groupe de canaux personnalisé combiné à un marquage UTM sur les liens contrôlés permet d’obtenir une mesure fiable et exploitable, suffisante pour démontrer à un client la réalité, encore modeste mais réelle, de ce nouveau canal d’acquisition.