Le client, un fabricant d’accessoires de cuisine, tenait à sa page « Questions fréquentes sur nos ustensiles en inox » qui affichait un rich result FAQ dans les résultats Google depuis près d’un an, generant à lui seul environ 12 % du trafic organique de la page. Un matin, l’affichage enrichi a disparu, remplacé par un résultat classique sans questions dépliables, sans qu’aucune modification n’ait été faite sur le contenu de la page ce jour-là.
Ce cas illustre un piège classique du balisage structuré : la cause de la disparition n’est presque jamais dans le contenu visible, mais dans une couche technique invisible qui a changé ailleurs, parfois plusieurs semaines avant que le symptôme n’apparaisse.
Symptôme : disparition sans erreur signalée
Aucune notification dans Search Console au moment de la disparition elle-même. La page continuait de bien se positionner sur ses requêtes principales, seul l’affichage enrichi manquait. Un contrôle rapide avec l’outil de test des résultats enrichis de Google, en collant l’URL en direct, a d’abord semblé rassurant : le balisage était détecté et validé sans erreur.
Diagnostic : remonter à la source du JSON-LD

Le testeur en direct valide le JSON-LD tel qu’il est actuellement généré, mais ne dit rien sur ce que Googlebot a réellement vu lors de son dernier passage. C’est l’outil d’inspection d’URL de Search Console, avec son bouton « Afficher la page testée » puis l’onglet « Plus d’informations », qui a permis de comparer le code source vu par Google lors de sa dernière exploration avec le code source actuel.
La différence est apparue à l’examen du <script type="application/ld+json"> : deux blocs FAQPage étaient désormais présents sur la page, générés par deux mécanismes différents. Le premier provenait du bloc natif « Questions fréquentes » de l’éditeur ajouté manuellement par l’auteur. Le second, inattendu, provenait d’une extension d’accordéon installée pour l’affichage visuel des questions-réponses, mise à jour trois semaines plus tôt et qui avait, à cette occasion, activé par défaut sa propre génération de balisage Schema FAQPage, jusque-là désactivée dans une version antérieure.
<script type="application/ld+json">
{"@context":"https://schema.org","@type":"FAQPage","mainEntity":[...]}
</script>
<script type="application/ld+json">
{"@context":"https://schema.org","@type":"FAQPage","mainEntity":[...]}
</script>
Deux blocs FAQPage distincts sur la même page violent les consignes de Google sur les données structurées, qui exigent un balisage cohérent et non dupliqué pour un même ensemble de questions. Google n’a signalé aucune erreur de syntaxe (les deux blocs étaient individuellement valides), mais a cessé d’afficher le rich result faute de pouvoir déterminer lequel des deux graphes faisait foi.
Correctif : ne garder qu’une seule source de vérité
La correction a consisté à désactiver la génération automatique de Schema de l’extension d’accordéon (une option cachée dans ses réglages avancés, ajoutée silencieusement lors de la mise à jour), pour ne conserver que le balisage du bloc natif de l’éditeur :
add_filter( 'mon_accordeon_schema_faq_enabled', '__return_false' );
Après cette correction et une nouvelle demande d’indexation via l’outil d’inspection d’URL, le rich result est réapparu sous onze jours.
Prévention : surveiller les mises à jour de plugins tiers
Depuis cet incident, toute extension capable de générer du balisage Schema (accordéons, formulaires, avis clients) est listée à part dans un tableau de suivi, avec relecture systématique du changelog avant mise à jour en production sur les sites qui portent des rich results actifs.
Un contrôle simple permet de détecter ce genre de doublon avant qu’il n’affecte la visibilité : rechercher le nombre d’occurrences de "@type":"FAQPage" dans le code source de la page, qui doit toujours être égal à un.
En résumé
La disparition d’un rich result n’est presque jamais un jugement éditorial de Google sur la qualité du contenu : c’est très souvent un conflit technique entre deux sources de balisage qui coexistent sans le savoir. Comparer le code vu par Googlebot avec le code actuel, via l’outil d’inspection d’URL, reste le réflexe de diagnostic le plus rapide.