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Traduire les mentions d’usage IA imposées par le règlement européen

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle impose des mentions de transparence à traduire dans chaque langue d'un site, sans que la traduction automatique du contenu en soit le sujet.

Par Clément Hadrot • 21 avril 2026 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
Traduire les mentions d'usage IA imposées par le règlement européen

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, entré en vigueur en août 2024, impose des obligations de transparence lorsqu’un contenu perceptible par l’utilisateur est généré ou modifié par de l’intelligence artificielle générative. Sur un site multilingue exploitant ce type de contenu, par exemple un chatbot conversationnel ou des visuels générés automatiquement, cette obligation ne se limite pas à une seule langue de référence : elle doit être portée par chaque version linguistique du site consultée par un utilisateur.

Ce sujet ne concerne pas la traduction automatique du contenu éditorial par l’intelligence artificielle, traitée par ailleurs dans d’autres articles : il concerne exclusivement la mention de transparence que le règlement impose lorsque le visiteur interagit avec un contenu ou un système génératif visible, quelle que soit la façon dont ce contenu a lui-même été produit.

Ce que le règlement exige concrètement

Le texte impose que toute personne interagissant avec un système d’intelligence artificielle générative, ou consultant un contenu généré artificiellement susceptible d’être confondu avec un contenu authentique, en soit informée de façon claire et compréhensible. Sur un site multilingue, cette information doit être délivrée dans la langue de consultation du visiteur, et non dans une langue de référence unique suivie d’un renvoi.

Checklist pour un site multilingue exploitant de l’IA générative visible

L'essentiel à retenir : L'obligation de transparence porte sur l'information au visiteur, pas sur la façon dont le contenu a été produit ; Chaque langue du site doit porter sa propre mention, pas un renvoi vers une seule version ; La formulation doit rester compréhensible sans jargon technique importé
  1. Recenser tous les points de contact où un contenu ou une interaction génératifs sont visibles par le visiteur, quelle que soit la langue.
  2. Rédiger une formulation de transparence claire dans la langue source, sans jargon technique inutile.
  3. Faire traduire cette mention par un traducteur professionnel dans chaque langue du site, avec une vigilance particulière sur le sens exact du terme utilisé pour désigner l’intelligence artificielle générative.
  4. Vérifier que la mention reste visible et lisible dans chaque langue, y compris sur mobile, sans être reléguée dans une page de mentions légales peu consultée.
  5. Documenter, pour chaque langue, la date de validation de la mention et son auteur, en cas de contrôle ultérieur.
  6. Prévoir une revue de cette mention à chaque évolution significative du système génératif concerné.

Un piège fréquent : la traduction littérale du terme technique

Certaines équipes se contentent de traduire littéralement, mot à mot, la formulation légale rédigée en français ou en anglais, sans vérifier que le terme choisi dans la langue cible reste compréhensible par un public non spécialiste. Une mention techniquement exacte mais incompréhensible pour l’utilisateur moyen ne remplit pas l’objectif de clarté que le règlement exige explicitement, indépendamment de sa conformité littérale au texte source.

  • La mention doit être compréhensible, pas seulement présente dans chaque langue.
  • Un renvoi vers une seule langue de référence ne satisfait pas l’obligation.
  • Le terme technique choisi doit être validé par un locuteur natif, pas seulement traduit littéralement.

Un exemple d’implémentation avec Polylang

Sur un site utilisant Polylang, la mention de transparence peut être gérée comme une chaîne traduisible classique, enregistrée via pll_register_string() puis affichée dynamiquement selon la langue active du visiteur, garantissant qu’aucune version linguistique du site ne se retrouve sans mention à jour après une modification du texte source.

function enregistrer_mention_transparence_ia() {
    pll_register_string(
        'mention_ia_generative',
        'Ce contenu est généré ou assisté par une intelligence artificielle.',
        'Conformité IA'
    );
}
add_action( 'init', 'enregistrer_mention_transparence_ia' );

Cette approche garantit que la mention suit le même circuit de traduction que le reste du contenu du site, plutôt que d’être gérée séparément dans un fichier de configuration isolé, ce qui aurait rendu son suivi bien plus difficile à l’échelle de plusieurs langues.

Une mention réglementaire mal traduite n’est pas seulement un problème de qualité rédactionnelle : elle peut, sur le fond, ne pas satisfaire l’obligation de clarté que le texte impose explicitement.

Ce qui reste à préciser dans les mois à venir

Les modalités pratiques d’application de certaines obligations de transparence du règlement européen sur l’intelligence artificielle continuent d’être précisées par des actes d’exécution et des lignes directrices de la Commission européenne. Les équipes techniques ont intérêt à concevoir leur système de gestion de ces mentions de façon suffisamment souple pour absorber des ajustements de formulation, plutôt qu’à figer un texte définitif dans le code du thème.

En résumé

La transparence sur l’usage de l’intelligence artificielle générative devient, sur un site multilingue, une obligation à traiter langue par langue, avec la même rigueur qu’une mention légale classique. La rattacher au circuit de traduction existant du site, plutôt qu’à un traitement isolé, reste la façon la plus fiable de garantir qu’aucune version linguistique ne se retrouve non conforme après une mise à jour.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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