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API DeepL contre API Google Cloud Translation : lequel traduit mieux un site ?

Une agence utilise déjà un workflow maison bâti sur l'API DeepL et se demande si Google ferait mieux. Nous avons comparé les deux API sur un corpus réel de contenu WordPress, au-delà des promesses marketing.

Par Clément Hadrot • 9 février 2023 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
API DeepL contre API Google Cloud Translation : lequel traduit mieux un site ?

Une agence partenaire, qui avait construit l’année précédente un workflow interne connectant WordPress à l’API DeepL pour pré-traduire ses articles avant relecture humaine, nous a posé une question simple en apparence : « Est-ce que l’API Google Cloud Translation ferait mieux, pour le même usage ? ». La question méritait un test rigoureux plutôt qu’une réponse d’intuition, d’autant que les deux services communiquent des argumentaires de qualité difficilement vérifiables sans essai concret.

Nous avons donc soumis un corpus identique de quarante articles de blog, couvrant douze langues, aux deux API, avec le même texte source en français, puis fait évaluer les résultats par un traducteur professionnel pour chaque langue, sans lui indiquer quelle traduction provenait de quel service.

Le protocole de comparaison

Le corpus retenu mêlait volontairement des articles techniques (contenant du vocabulaire WordPress, des noms de fonctions, des instructions pas à pas) et des articles plus éditoriaux, avec un ton plus travaillé et quelques tournures idiomatiques. L’appel aux deux API s’est fait avec une configuration comparable :

# Appel API DeepL
curl https://api.deepl.com/v2/translate \
  -H "Authorization: DeepL-Auth-Key VOTRE_CLE" \
  -d "text=Le hook wp_enqueue_scripts permet d'ajouter proprement un script." \
  -d "source_lang=FR" -d "target_lang=EN"

# Appel API Google Cloud Translation
curl -X POST -H "Authorization: Bearer VOTRE_TOKEN" \
  -H "Content-Type: application/json; charset=utf-8" \
  -d '{"q": "Le hook wp_enqueue_scripts permet d'"'"'ajouter proprement un script.", "source": "fr", "target": "en"}' \
  "https://translation.googleapis.com/language/translate/v2"

Chaque traduction a ensuite été notée par un traducteur professionnel de la langue cible sur trois critères : fidélité au sens, naturel de la formulation, et exactitude du vocabulaire technique.

Résultats sur le contenu éditorial soigné

L'essentiel à retenir : DeepL préserve mieux les nuances de registre sur du contenu éditorial soigné ; Google Cloud Translation couvre davantage de langues rares et de contenu technique brut ; Le coût par caractère favorise l'un ou l'autre selon le volume mensuel réel

Sur les articles au ton travaillé, DeepL est ressorti systématiquement mieux noté sur le critère du naturel de la formulation, en particulier vers l’allemand, l’espagnol et le néerlandais. Les tournures produites demandaient nettement moins de retouches de la part du relecteur humain pour sonner naturelles, avec un nombre moyen de corrections par article inférieur d’environ un tiers à celui observé sur les traductions Google Cloud pour ce même type de contenu.

Sur le vocabulaire technique WordPress en revanche (noms de hooks, termes comme « permalien » ou « transient »), les deux services ont montré des faiblesses comparables : aucun des deux ne traduit correctement par défaut un terme comme « transient » dans son sens spécifique à l’API WordPress, les deux produisant une traduction littérale erronée qu’un glossaire personnalisé reste nécessaire pour corriger.

Résultats sur les langues moins courantes

Sur deux langues du corpus moins représentées dans les workflows habituels de l’agence (le polonais et le finnois), l’écart s’est inversé : Google Cloud Translation a produit des traductions jugées plus fiables et globalement mieux notées par les relecteurs, DeepL couvrant historiquement un nombre de langues plus restreint et montrant, sur ces deux langues précises, davantage d’approximations sur les tournures.

Tableau de synthèse du test

CritèreAPI DeepLAPI Google Cloud Translation
Naturel sur contenu éditorial soignéNettement meilleur, moins de retouchesCorrect mais plus littéral
Vocabulaire technique WordPressFaible sans glossaire personnaliséFaible sans glossaire personnalisé
Couverture de langues rares testéesMoins bon sur polonais et finnoisMeilleur sur ces deux langues
Nombre de langues disponibles au totalPlus restreint historiquementPlus large
Facilité d’intégration à un workflow existantAPI simple, bien documentéeAPI plus riche mais plus complexe à configurer

Ce que cela change pour un workflow d’agence

Pour cette agence, dont l’essentiel des projets multilingues couvre l’anglais, l’allemand, l’espagnol et le néerlandais — des langues où DeepL a montré un avantage net sur le naturel — conserver le workflow existant bâti sur DeepL reste le choix le plus rationnel. Nous avons recommandé de ne basculer vers Google Cloud Translation qu’au cas par cas, pour les projets ponctuels nécessitant une langue hors du périmètre confortable de DeepL, plutôt que de migrer l’ensemble du workflow pour un gain marginal sur les langues habituelles.

Changer d’API de traduction automatique pour un gain de qualité de quelques points sur des langues déjà bien couvertes coûte souvent plus cher, en temps de réintégration, que le gain lui-même ne le justifie.

Ce que cet article ne traite pas

La construction du workflow maison connectant WordPress à l’API DeepL elle-même, avec sa file d’attente de traduction et son interface de relecture, a été détaillée dans un article précédent et n’est pas reprise ici : ce test se limite à la comparaison de qualité brute entre les deux API sur un corpus identique.

Notre verdict

Aucune des deux API n’est universellement supérieure : DeepL l’emporte nettement sur le naturel de la formulation en langues européennes courantes, Google Cloud Translation reprend l’avantage sur la couverture de langues moins fréquentes. Le bon choix dépend donc directement du portefeuille de langues réellement traité par l’agence, plus que d’un classement général de qualité.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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