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Traduire un site WordPress par IA : retour sur 1 200 pages

Retour d'expérience sur la traduction assistée par LLM d'un site de 1 200 pages couplée à une extension multilingue : qualité obtenue, relecture nécessaire et coûts réels.

Par Clément Hadrot • 5 juin 2023 • 4 min de lecture • Aucun commentaire
Traduire un site WordPress par IA : retour sur 1 200 pages

Le client gérait un site institutionnel de 1 200 pages en français, accumulées sur douze ans, et voulait une version anglaise avant un salon professionnel prévu dans deux mois. Un devis de traduction humaine complète dépassait largement le budget disponible. Nous avons proposé une traduction assistée par IA avec relecture ciblée, et voici ce que ce chantier nous a réellement appris.

Ce retour d’expérience ne compare pas les extensions multilingues entre elles : le site utilisait déjà une extension de gestion multilingue installée depuis des années, et la question portait uniquement sur la méthode de traduction du contenu existant.

Le choix d’un glossaire imposé avant toute traduction

La première semaine n’a pas produit une seule traduction : elle a servi à construire un glossaire de 140 termes propres au métier du client, que nous avons imposé au modèle dans chaque appel. Sans ce glossaire, le nom d’un produit interne était traduit différemment d’une page à l’autre, ce qui aurait été pire qu’une absence de traduction sur un site institutionnel où la cohérence terminologique compte autant que le style.

Traduis le texte suivant du français vers l'anglais.
Respecte strictement ce glossaire, ne traduis jamais ces termes autrement :
- "accompagnement sur mesure" => "tailored support"
- "pôle expertise" => "expertise unit"
[...]
Conserve la structure HTML exacte, ne modifie aucune balise.

Texte à traduire :
{{contenu}}

Le traitement par lot, page par page, avec journal d’erreurs

Les pages ont été traitées une par une plutôt qu’en gros paquets concaténés, pour limiter l’impact d’un échec isolé et garder un contrôle fin sur chaque résultat. Chaque traduction générée était stockée en tant que révision de la page correspondante dans la langue cible, jamais publiée directement.

  • 1 200 pages traitées, avec 34 échecs à la première tentative, principalement des pages contenant des tableaux complexes.
  • Les échecs ont été retraités individuellement avec un prompt adapté au format spécifique.
  • Chaque traduction a été horodatée et associée à l’identifiant de la page source pour assurer la traçabilité.
L'essentiel à retenir : Glossaire imposé au modèle ; Relecture humaine obligatoire par lot ; Coût réel très inférieur à une traduction humaine complète

La relecture humaine : le vrai poste de travail du projet

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’essentiel du temps humain n’a pas été passé sur la mise en place technique mais sur la relecture. Une traductrice professionnelle, anglophone native, a relu l’intégralité des 1 200 pages, avec une grille de correction simple : erreur de sens (à corriger immédiatement), maladresse stylistique (à corriger si le temps le permet), erreur de terminologie (signal que le glossaire devait être complété).

Répartition du temps de relecture observée

Type de pageTemps de relecture moyenTaux de correction nécessaire
Pages institutionnelles courtes4 minutesFaible
Pages produits avec tableaux12 minutesÉlevé
Articles de blog longs9 minutesMoyen
Mentions légales et pages réglementaires18 minutesTrès élevé

Les pages réglementaires ont systématiquement été confiées entièrement à la traductrice humaine, sans passer par l’IA : le risque d’erreur juridique dépassait le gain de temps espéré.

Le coût réel du chantier

Le coût des appels à l’API de traduction est resté marginal, de l’ordre de quelques dizaines d’euros pour l’ensemble des 1 200 pages. Le poste de dépense dominant a été, de très loin, le temps de relecture professionnelle. Au total, le projet est revenu à environ un tiers du devis initial de traduction humaine complète, pour un délai divisé par trois.

Sur ce chantier, l’IA n’a pas remplacé la traductrice. Elle lui a évité de partir d’une page blanche sur 1 200 pages, ce qui a changé la nature de son travail plus que son volume.

Ce que nous ferions différemment

Deux ajustements auraient accéléré le projet : constituer le glossaire dès la première semaine plutôt que de le compléter au fil de l’eau, et exclure d’emblée les pages réglementaires du circuit automatisé au lieu de découvrir leur taux de correction élevé après coup.

Le bilan

Pour un site de cette taille avec un budget contraint, la traduction assistée par IA suivie d’une relecture professionnelle ciblée a tenu ses promesses de délai et de coût. Elle suppose en revanche d’accepter, dès le départ, que la relecture humaine reste le poste central du projet, pas une simple formalité de fin de chaîne.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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