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Transférer un nom de domaine WordPress sans coupure de site

Rapatrier son domaine chez un registrar moins cher est simple sur le papier. En pratique, un mauvais calage des TTL suffit à couper le site ou les emails.

Par Clément Hadrot • 9 juin 2020 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
Transférer un nom de domaine WordPress sans coupure de site

Le client avait trouvé un registrar deux fois moins cher que celui qui l’avait suivi depuis la création de son domaine, dix ans plus tôt. La demande semblait anodine : « Peux-tu juste transférer le domaine chez le nouveau ? » Sans méthode, cette opération banale peut couper le site pendant plusieurs heures, ou pire, faire disparaître les emails professionnels d’un client pendant que personne ne s’en aperçoit.

Un transfert de nom de domaine n’est pas une simple redirection technique : il déplace l’autorité administrative sur le domaine d’un registrar vers un autre, tout en devant préserver la continuité de résolution DNS. La procédure suit un protocole standardisé, l’EPP, mais chaque registrar l’implémente avec ses propres variations d’interface et ses propres délais. Voici la marche à suivre pour que le site et les emails ne s’arrêtent jamais.

Étape 1 : préparer le terrain une semaine avant

La première erreur consiste à demander le code de transfert la veille du jour J. Un transfert de domaine prend en moyenne cinq à sept jours pour aboutir complètement, et certaines étapes ne sont pas instantanées. Avant toute demande de code, réduisez le TTL (Time To Live) de tous les enregistrements DNS du domaine à une valeur basse, typiquement 300 secondes, au moins 48 à 72 heures avant l’opération.

Ce TTL court réduit la durée pendant laquelle les résolveurs DNS à travers le monde gardent en cache une ancienne réponse. Sans cette précaution, un changement de serveur de noms le jour du transfert peut rester invisible pour une partie des visiteurs pendant plusieurs heures, voire jusqu’à 24 ou 48 heures selon le TTL initial.

Étape 2 : obtenir le code EPP et déverrouiller le domaine

L'essentiel à retenir : Le code EPP se demande avant toute autre étape ; Baisser le TTL une semaine avant, pas la veille ; Ne jamais toucher aux enregistrements MX pendant le transfert

Le code EPP (Extensible Provisioning Protocol), parfois appelé code d’autorisation ou code de transfert, est une chaîne unique délivrée par le registrar actuel. Il prouve que le titulaire du domaine autorise son départ. Deux préalables sont indispensables avant de pouvoir le récupérer :

  1. Vérifier que le domaine n’est pas en période de verrouillage post-enregistrement ou post-transfert : l’ICANN impose un verrou de 60 jours après tout changement de titulaire ou tout transfert précédent, rendant un nouveau transfert impossible durant cette fenêtre.
  2. Désactiver le verrou de transfert (« transfer lock ») dans l’espace client du registrar sortant, une option de sécurité activée par défaut chez la plupart des prestataires.

Une fois ces conditions réunies, le code EPP est généralement envoyé par email à l’adresse de contact administratif du domaine, telle qu’enregistrée dans le WHOIS. Si cette adresse est obsolète, la récupération du code peut nécessiter un appel au support du registrar sortant avec justificatif d’identité.

Étape 3 : lancer le transfert sans toucher aux serveurs de noms

Le piège classique consiste à vouloir tout faire en même temps : changer de registrar et migrer l’hébergement DNS le même jour. Séparez ces deux opérations. Pendant toute la durée du transfert de registrar, laissez les serveurs de noms (NS) inchangés, pointant toujours vers l’infrastructure DNS existante. Le transfert de registrar ne modifie que l’entité qui administre le domaine, pas obligatoirement sa résolution.

# Vérifier les enregistrements MX avant toute manipulation
dig MX exemple.fr +short

# Vérifier le TTL courant des enregistrements
dig NS exemple.fr

Chez le nouveau registrar, saisissez le code EPP et validez la demande de transfert entrant. Un email de confirmation est envoyé au contact administratif : sans cette validation explicite dans les cinq jours suivant la demande, certains registrars annulent automatiquement l’opération.

Le point qui coûte le plus cher à négliger : les emails

Le transfert de registrar ne touche normalement pas aux enregistrements MX, à condition de ne pas réinitialiser la zone DNS pendant l’opération. C’est pourtant l’incident le plus fréquent : certains registrars proposent, au moment de finaliser le transfert, une zone DNS « par défaut » qui écrase silencieusement la configuration existante, MX compris. Si cette option est activée par erreur, les emails du client cessent d’arriver sans qu’aucune alerte ne soit visible côté site web.

  • Faites une copie complète de la zone DNS existante avant de lancer le transfert (export de tous les enregistrements A, AAAA, MX, TXT, CNAME).
  • Refusez ou décochez toute option de « zone DNS par défaut » proposée par le nouveau registrar.
  • Contrôlez les enregistrements MX et TXT (SPF notamment) immédiatement après la finalisation du transfert, pas seulement l’A du domaine principal.

En résumé

Un transfert de domaine réussi se joue avant même la demande de code EPP : dans la préparation du TTL, la vérification du verrou de transfert, et la sauvegarde de la zone DNS complète. La migration de l’hébergement du site lui-même, si elle est prévue, doit être traitée comme un projet séparé, une fois le domaine stabilisé chez son nouveau registrar. Mélanger les deux opérations est la source la plus fréquente d’incidents évitables.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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