Quelques mois après l’arrivée de l’éditeur de site dans WordPress 5.9, la version 6.0 apporte une série d’améliorations qui, sans révolutionner l’expérience, la rendent nettement plus confortable au quotidien. Sur les thèmes bloc que l’on maintient actuellement, plusieurs de ces changements se voient immédiatement à l’usage.
Voici ce qui mérite l’attention d’un développeur de thèmes ou d’un intégrateur travaillant avec l’éditeur de site sur cette version.
Les variations de styles accessibles en un clic
Depuis le panneau Styles de l’éditeur de site, un nouveau bouton donne accès à une galerie de variations, à condition que le thème en propose. Chaque variation correspond à un fichier styles/*.json supplémentaire dans le thème, permettant de proposer plusieurs identités visuelles (palettes de couleurs, polices) sans dupliquer l’intégralité du thème.
mon-theme/
├── theme.json
└── styles/
├── sombre.json
└── pastel.json
De nouveaux templates disponibles par défaut

La liste des templates proposés par défaut dans l’éditeur s’est étoffée : outre single, archive et 404, on retrouve désormais des suggestions pour les pages d’auteur et les flux RSS personnalisés selon les besoins du thème. Cela réduit le nombre de fichiers HTML qu’un développeur doit créer manuellement pour couvrir les cas courants d’un site éditorial.
Les patterns de page à la création
Autre nouveauté notable : la possibilité, pour un thème, de déclarer des patterns proposés automatiquement lors de la création d’une nouvelle page vide. L’utilisateur se voit alors offrir un choix de mises en page prédéfinies, plutôt qu’une page blanche décourageante. Cette fonctionnalité repose sur l’attribut blockTypes lors de l’enregistrement du pattern.
Exemple de déclaration
register_block_pattern( 'mon-theme/intro-services', array(
'title' => __( 'Introduction avec services', 'mon-theme' ),
'blockTypes' => array( 'core/post-content' ),
'content' => '<!-- wp:paragraph --><p>...</p><!-- /wp:paragraph -->',
) );
Un export de thème plus fiable
Sur les versions précédentes, exporter les modifications faites dans l’éditeur de site produisait parfois des fichiers incomplets ou mal formés, obligeant à revérifier chaque template après export. Avec la 6.0, ce mécanisme s’est nettement stabilisé, ce qui rend le flux « éditer dans l’interface, exporter, committer dans Git » beaucoup plus sûr pour une équipe de développement.
Ce qui reste à surveiller
- La structure détaillée du schéma
theme.jsoncontinue d’évoluer et mérite une veille régulière. - Certaines extensions tierces n’ont toujours pas adapté leurs blocs aux contraintes de l’éditeur de site.
- La documentation officielle reste parfois en retard par rapport aux fonctionnalités disponibles.
Un exemple appliqué : deux identités pour un même thème
Sur un thème livré à un réseau d’agences locales partageant la même structure de site mais souhaitant chacune sa propre identité colorée, les variations de styles introduites par cette version ont permis d’éviter la création de plusieurs thèmes distincts. Un seul thème, deux fichiers de variation supplémentaires dans le dossier styles, et chaque agence a pu choisir sa palette directement depuis l’éditeur, sans qu’aucune intervention de développement ne soit nécessaire agence par agence.
Notre verdict
WordPress 6.0 ne bouleverse pas l’éditeur de site, mais le rend nettement plus agréable à utiliser en production. Les variations de styles et les patterns de page, en particulier, changent concrètement la façon de proposer plusieurs identités visuelles ou plusieurs mises en page sans multiplier les templates. C’est le genre de version qui consolide plus qu’elle n’innove, et c’est précisément ce dont l’éditeur de site avait besoin après son lancement.