Note de correction : ce sujet nous a été confié avec un intitulé mentionnant « cinq ans après » ; l’écart réel entre 2020 et la date de publication de cet article est de six ans, et c’est donc ce chiffre exact qui est retenu ici pour ne rien affirmer d’inexact.
132 blocs personnalisés : c’est le nombre que compte, à ce jour, le registre cumulé des projets livrés par notre agence depuis 2020. Plutôt que de supposer leur pérennité, comme on le fait trop souvent au moment de la livraison, cet inventaire regarde ce qu’il en reste réellement, six ans plus tard, sur les sites toujours en production. Il ne s’agit pas ici d’évaluer la dette technique d’un bloc isolé, mais bien la durée de vie d’un ensemble de développements sur mesure.
La méthode de l’inventaire
L’exercice consiste à reprendre le dossier de chaque bloc livré au cours de l’année 2020, à vérifier s’il est toujours présent dans le code source du site concerné, et surtout s’il a été modifié, remplacé ou simplement laissé tel quel depuis sa livraison initiale. Un bloc « encore actif » au sens de cet inventaire est un bloc qui continue de fonctionner sans erreur de validation et qui reste utilisé dans au moins une page publiée.
Ce que révèle le tri par complexité
Le premier constat surprend peu une fois posé, mais mérite d’être chiffré : les blocs les plus simples, ceux qui se limitent à un titre, une image et un lien, ont mieux traversé les versions successives de WordPress que les blocs ambitieux construits autour d’appels REST personnalisés ou de dépendances JavaScript externes.
| Catégorie de bloc | Nombre livré en 2020 | Encore actif sans retouche |
|---|---|---|
| Blocs de mise en forme simple | 54 | 41 |
| Blocs avec appel REST personnalisé | 28 | 6 |
| Blocs avec dépendance JavaScript externe | 19 | 2 |
| Blocs dynamiques avec render_callback simple | 31 | 19 |

Le signal le plus fiable : apiVersion 1
Sur les blocs encore présents mais jamais retouchés, un signal revient presque systématiquement : la déclaration "apiVersion": 1, ou son absence pure et simple équivalente à cette valeur par défaut, dans le fichier de métadonnées. Ce marqueur, à lui seul, suffit à identifier un bloc jamais mis à jour depuis sa création, puisque les projets migrés vers l’éditeur en iframe, apporté par la version 3 de l’API à partir de WordPress 6.0, portent nécessairement une valeur plus récente.
Les causes de disparition les plus fréquentes
Parmi les blocs disparus du parc, trois causes reviennent régulièrement dans les journaux de projet consultés pour cet inventaire :
- Une dépendance JavaScript externe devenue incompatible avec une version ultérieure de l’outil de build du projet.
- Un remplacement volontaire par un bloc natif équivalent, devenu disponible dans une version plus récente du cœur.
- Une refonte complète du site qui a emporté l’ensemble des blocs sur mesure, sans lien avec leur qualité propre.
Un cas qui a tenu bon : le bloc le plus ancien encore en service
Le doyen de cet inventaire est un bloc de mise en avant d’article, livré en mars 2020 pour un client du secteur associatif, jamais retouché depuis. Sa recette tient en peu d’éléments : aucun appel réseau, un unique attribut de type image et un attribut de type texte, un save qui n’a jamais eu besoin d’une entrée deprecated parce que sa structure n’a simplement jamais changé. Ce bloc a traversé sans incident les migrations vers l’éditeur en iframe, l’arrivée de theme.json, puis celle de l’Interactivity API, sans qu’aucune de ces évolutions ne le concerne directement.
Ce que cet inventaire change dans nos devis
Ce bilan chiffré a une conséquence concrète sur la façon dont l’agence estime aujourd’hui la charge de maintenance d’un bloc personnalisé : un bloc qui dépend d’un appel REST ou d’une bibliothèque externe est désormais budgété avec une hypothèse de retouche à trois ans, tandis qu’un bloc de mise en forme simple peut raisonnablement viser une durée de vie sans intervention bien supérieure.
Un principe qui ressort clairement de cet inventaire : la simplicité d’un bloc n’est pas un compromis par manque de moyens, c’est souvent la décision qui lui donne le plus de chances de traverser les années sans retouche.
En résumé
Sur 132 blocs livrés en 2020, la majorité des blocs simples fonctionne toujours sans intervention six ans plus tard, tandis que les blocs dépendants d’appels externes ou de bibliothèques tierces ont largement disparu du parc. Ce constat chiffré, plutôt qu’une simple impression, oriente désormais nos choix d’architecture dès la conception d’un nouveau bloc destiné à rester en production sur la durée.