« On ne peut plus rien changer sans passer par le prestataire » — c’est la phrase qui revenait le plus souvent dans la bouche de la rédactrice en chef d’un site d’actualité locale hébergé sur Squarespace, avant de décider de migrer vers WordPress. Le contenu éditorial était solide, mais chaque ajustement de mise en page, aussi mineur soit-il, nécessitait un ticket auprès du prestataire d’origine.
La migration s’est concentrée sur deux éléments structurants du site : la bannière d’auteur affichée en tête de chaque article, et le bloc d’articles liés en fin de page. Ces deux composants, entièrement figés côté Squarespace, ont été reconstruits comme des éléments de gabarit réutilisables et modifiables sans intervention technique.
La bannière d’auteur, un template part autonome
Côté Squarespace, la bannière d’auteur (photo, nom, courte biographie) était intégrée directement dans la mise en page de chaque article, sans mécanisme de mise à jour centralisée : modifier la biographie d’un rédacteur impliquait de retoucher chaque article un par un. Dans le thème classique reconstruit, cette bannière devient un fragment de gabarit chargé dynamiquement depuis les métadonnées de l’auteur WordPress.
// template-parts/banniere-auteur.php
$auteur_id = get_the_author_meta( 'ID' );
?>
<div class="banniere-auteur">
<?php echo get_avatar( $auteur_id, 64 ); ?>
<h3><?php the_author(); ?></h3>
<p><?php echo esc_html( get_the_author_meta( 'description' ) ); ?></p>
</div>

Ce fragment est appelé une seule fois dans single.php via get_template_part( 'template-parts/banniere-auteur' ). Une biographie mise à jour dans le profil utilisateur se répercute instantanément sur tous les articles du rédacteur concerné, sans qu’aucun article n’ait besoin d’être retouché individuellement.
Les articles liés, calculés plutôt que copiés
Sur l’ancien site, le bloc d’articles liés en fin de page était en réalité une sélection manuelle, refaite à chaque publication par un rédacteur ou le prestataire. Cette étape manuelle disparaissait dès qu’un article n’était plus mis à jour, laissant des blocs d’articles liés obsolètes sur une partie non négligeable des anciennes pages.
Le thème reconstruit calcule désormais ce bloc automatiquement, à partir de la catégorie de l’article courant, via une requête WP_Query qui exclut l’article affiché lui-même.
$categories = wp_get_post_categories( get_the_ID() );
$articles_lies = new WP_Query( array(
'category__in' => $categories,
'post__not_in' => array( get_the_ID() ),
'posts_per_page' => 3,
'orderby' => 'date',
'order' => 'DESC',
) );
Un gabarit pensé pour l’autonomie, pas seulement pour la migration
Au-delà de la simple reconstruction visuelle, l’objectif du projet était de redonner à la rédaction la capacité d’agir seule sur la structure de ses pages. Trois décisions ont été prises en ce sens :
- Chaque bloc réutilisable (bannière d’auteur, articles liés, encart de newsletter) est isolé dans son propre fichier de gabarit, documenté par un commentaire d’en-tête expliquant son rôle.
- Les couleurs et la typographie principale sont exposées via le Customizer plutôt que codées en dur, pour permettre des ajustements sans toucher au code.
- Une page de documentation interne, rédigée en langage non technique, accompagne la livraison du thème pour expliquer où et comment intervenir sur chaque élément courant.
Ce que la migration n’a pas cherché à résoudre
Le projet s’est volontairement concentré sur la reconstruction des gabarits et n’a pas traité l’import du contenu existant, mené séparément par un script d’import dédié à partir d’un export du contenu Squarespace. Les deux volets — reconstruction des gabarits et import du contenu — ont été menés en parallèle par deux personnes différentes, avec une synchronisation régulière pour vérifier que chaque article importé s’affichait correctement dans les nouveaux gabarits.
Reconstruire un site depuis une plateforme fermée est une occasion à saisir pour repenser l’autonomie éditoriale de l’équipe, pas seulement pour reproduire à l’identique ce qui existait avant : copier fidèlement une limitation de l’ancienne plateforme serait une occasion manquée.
En résumé
Quatre rédacteurs sur cinq publiaient déjà en autonomie complète dès la première semaine suivant la mise en ligne du nouveau thème, sans solliciter de support technique pour des ajustements de mise en page. La reconstruction en template parts réutilisables, associée à des articles liés calculés automatiquement plutôt que sélectionnés à la main, a transformé une contrainte de migration en gain d’autonomie durable pour l’équipe éditoriale.