Un éditeur de presse régionale avait adopté AMP en 2018, à une époque où l’inclusion dans le carrousel « Top Stories » de Google sur mobile en dépendait presque exclusivement. Deux ans plus tard, l’équipe éditoriale se plaint d’un système de publication devenu lourd à maintenir : chaque nouveau bloc éditorial doit être développé en double, une fois pour le thème classique, une fois pour la version AMP, avec des limitations de mise en page contraignantes côté AMP. La demande arrive : abandonner AMP, mais sans perdre le trafic mobile qui en dépend.
Ce retour d’expérience couvre la bascule réalisée sur ce site, les risques identifiés en amont, et ce qui s’est réellement passé dans les semaines qui ont suivi, une fois que Google a cessé de proposer la version AMP dans les résultats mobiles.
Le contexte qui a motivé l’abandon
Google avait annoncé fin 2020 que l’éligibilité au carrousel Top Stories ne serait plus conditionnée à l’utilisation d’AMP, mais reposerait sur les critères Core Web Vitals de la page elle-même, quelle que soit sa technologie. Cette annonce a levé le principal frein à l’abandon d’AMP pour ce type de site éditorial, à condition que la version classique du site atteigne des performances comparables sur les métriques mesurées.
Le plan de bascule retenu
Plutôt qu’une coupure brutale, la bascule s’est faite en trois temps : d’abord un audit de performance approfondi du thème classique existant, puis une phase d’allègement ciblé sur les gabarits d’articles (la page la plus consultée depuis les résultats de recherche), et enfin la désactivation du plugin AMP avec redirection des anciennes URL /amp/ vers leur équivalent classique.
RewriteRule ^(.+)/amp/?$ /$1/ [R=301,L]

Ce qui a été allégé côté thème classique
L’audit a révélé plusieurs points de friction sur le gabarit d’article classique : des polices web chargées depuis un service tiers sans préconnexion, un carrousel d’articles liés chargé de façon synchrone avant le contenu principal, et des images non redimensionnées côté serveur, servies à leur taille originale puis réduites en CSS. Chacun de ces points a été traité individuellement :
- Ajout d’un
rel="preconnect"vers le service de polices, réduisant le temps de première peinture de contenu. - Chargement différé du carrousel d’articles liés via un script asynchrone, placé après le contenu éditorial dans l’ordre de chargement.
- Génération de tailles d’image adaptées avec la fonction
add_image_size()et le mécanismesrcsetnatif de WordPress, pour ne plus servir d’images surdimensionnées sur mobile.
La semaine qui a suivi la bascule
Immédiatement après la désactivation d’AMP, le trafic mobile en provenance de Google a chuté d’environ 12 % sur les trois premiers jours, un recul attendu le temps que Google réévalue l’éligibilité des pages classiques au carrousel Top Stories avec leurs propres métriques de performance. Le rapport Core Web Vitals de Search Console, qui évaluait encore les URL AMP la semaine précédente, a mis près de deux semaines à basculer complètement sur l’évaluation des URL classiques.
Le retour à la normale, et ce qui reste différent
Après trois semaines, le trafic mobile est revenu à un niveau comparable à la période AMP, avec une variabilité légèrement plus grande d’un article à l’autre : certains articles très riches en images ont mis plus de temps à passer les seuils Core Web Vitals que les articles majoritairement textuels. L’équipe éditoriale, elle, a gagné un flux de publication unifié, sans plus avoir à maintenir deux versions de chaque article.
Sur ce type de bascule, prévoyez toujours une fenêtre d’observation d’au moins un mois avant de tirer des conclusions définitives : les effets de réévaluation côté Google ne sont jamais instantanés.
Bilan de l’intervention
L’abandon d’AMP a été rentable pour ce client, mais seulement parce que l’allègement du thème classique a été traité comme un prérequis et non comme une option. Sans ce travail préalable sur les polices, le chargement différé et les tailles d’image, la bascule aurait très probablement dégradé durablement le trafic mobile plutôt que de simplement traverser une phase de réajustement temporaire.