25 dollars par site et par mois : c’est ce que facturait la plateforme managée utilisée jusqu’ici pour héberger une partie du parc WordPress d’une agence cliente. Multiplié par une quarantaine de sites, la facture devenait difficile à justifier face à des solutions d’auto-hébergement de plus en plus matures. Nous avons donc testé trois alternatives sur un échantillon identique de dix sites, pendant six semaines, avant de recommander une bascule.
Ce comparatif ne prétend pas désigner un vainqueur universel : il documente ce qui a fonctionné, ce qui a demandé du temps, et ce qui a posé problème sur chacune des trois approches testées en conditions réelles.
Coolify : la plateforme la plus complète, mais la plus gourmande
Coolify propose une interface proche de ce qu’offrait la plateforme managée quittée : déploiement depuis un dépôt Git, gestion des certificats TLS automatique, tableaux de bord de supervision, sauvegardes planifiées. L’installation sur un VPS de 4 Go de RAM a nécessité une surveillance attentive : au-delà de six applications actives simultanément, les temps de build commençaient à s’allonger sensiblement, et il a fallu passer à une instance de 8 Go pour absorber correctement le parc de dix sites test.
Son principal atout reste la richesse de l’écosystème autour du projet et la rapidité avec laquelle les correctifs de sécurité sont publiés, un point non négociable pour un parc client exposé publiquement.
Dokploy : plus léger, mais un écosystème encore jeune

Dokploy, plus récent, a consommé sensiblement moins de ressources pour le même échantillon de dix sites sur la même instance de 4 Go, sans dégradation notable des temps de build observée. Son interface, plus minimaliste, couvre l’essentiel : déploiement Git, variables d’environnement, certificats automatiques. En revanche, la documentation communautaire reste plus limitée, et certains scénarios avancés — notamment la configuration de sauvegardes planifiées vers un stockage externe — ont nécessité une intervention manuelle en ligne de commande plutôt qu’une simple case à cocher dans l’interface.
Le VPS nu : le contrôle total, au prix du temps passé
La troisième option testée écartait toute plateforme intermédiaire : un serveur provisionné directement avec Docker Compose, Nginx en reverse proxy et Certbot pour les certificats. Cette approche offre le contrôle le plus complet sur chaque composant, sans dépendance à un projet tiers dont l’avenir reste incertain. Elle exige en contrepartie une charge de maintenance manuelle bien supérieure : chaque mise à jour de composant, chaque ajustement de configuration réseau, chaque incident de certificat expiré retombe entièrement sur l’équipe.
Tableau comparatif sur les critères qui comptent pour un parc d’agence
| Critère | Coolify | Dokploy | VPS nu |
|---|---|---|---|
| Consommation RAM (10 sites) | Élevée | Modérée | Faible |
| Temps de prise en main | Quelques heures | Quelques heures | Plusieurs jours |
| Maturité de l’écosystème | Bonne | Émergente | Sans objet |
| Sauvegardes intégrées | Oui | Partielles | À construire |
| Coût d’exploitation mensuel | Faible | Faible | Faible |
Ce qui a fait basculer notre choix
Pour ce parc de dix sites, aucune des trois options n’a été jugée définitivement meilleure dans l’absolu. Le choix final s’est appuyé sur trois critères pondérés différemment selon les sites :
- Les sites nécessitant des sauvegardes robustes vers un stockage externe sont restés sur Coolify, plus complet sur ce point
- Les sites à faible trafic et budget serveur restreint ont basculé sur Dokploy
- Un unique site aux besoins très spécifiques (traitement de fichiers volumineux) est resté sur VPS nu, pour garder un contrôle fin sur les ressources allouées
Aucune plateforme d’auto-hébergement ne remplace une politique de sauvegarde testée régulièrement, quel que soit l’outil choisi.
Notre verdict
Coolify convient à une agence qui veut retrouver une expérience proche d’une plateforme managée sans en payer le prix, à condition de dimensionner correctement le serveur. Dokploy séduit par sa légèreté mais demande d’accepter un écosystème encore jeune. Le VPS nu reste réservé aux cas où le contrôle prime sur la rapidité de mise en œuvre. Sur ce parc, la coexistence des trois approches, plutôt qu’un choix unique et définitif, s’est révélée la solution la plus réaliste.