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Comparatif Brevo, Mailjet et SendGrid côté infrastructure et quotas

Comparer les contraintes d'infrastructure des trois services d'envoi pour un parc de sites à fort volume d'emails.

Par Clément Hadrot • 27 décembre 2024 • 4 min de lecture • Aucun commentaire
Comparatif Brevo, Mailjet et SendGrid côté infrastructure et quotas

50 000 emails transactionnels envoyés par mois sur un parc de sites e-commerce : à ce volume, la différence entre Brevo, Mailjet et SendGrid ne se joue plus sur les fonctionnalités marketing mises en avant par chacun, mais sur des détails d’infrastructure rarement documentés en avant de page — quotas horaires réels, comportement des webhooks de suivi, et gestion de la réputation d’IP partagée.

Nous avons basculé un même sous-ensemble de sites successivement sur les trois services sur une période de deux mois, en conservant le même volume d’envoi et le même type de contenu transactionnel (confirmations de commande, réinitialisations de mot de passe), pour isoler les différences réellement liées à l’infrastructure de chaque prestataire plutôt qu’à la qualité intrinsèque du contenu envoyé.

Les quotas horaires, plus contraignants que les quotas mensuels

Les trois services affichent en priorité leur quota mensuel dans leurs offres commerciales, mais c’est le quota horaire ou par minute qui a posé problème en pratique. Lors d’un pic de commandes (soldes, ventes flash), le volume d’envoi peut dépasser largement la moyenne mensuelle sur une fenêtre de quelques heures. Sur ce point, les trois services appliquent des limites de débit distinctes, avec des comportements différents en cas de dépassement : mise en file d’attente pour l’un, rejet temporaire avec code d’erreur pour un autre.

Comportement observé en cas de pic

ServiceComportement au dépassementDélai de traitement de la file
BrevoMise en file d’attente automatiqueQuelques minutes
MailjetMise en file d’attente automatiqueVariable selon la charge globale
SendGridRejet avec code 429 sur les offres standardNécessite une nouvelle tentative applicative

Ce dernier point a une conséquence directe côté code : sur SendGrid, l’intégration côté WordPress doit gérer explicitement les réponses 429 avec une logique de nouvelle tentative après un délai, faute de quoi un email transactionnel important peut simplement être perdu silencieusement lors d’un pic.

Webhooks de suivi : une charge additionnelle à ne pas négliger

Les trois services proposent des webhooks pour notifier le site des événements liés à un email (ouverture, clic, rejet). Sur un parc de sites à fort volume, ces webhooks représentent eux-mêmes une charge entrante à absorber côté serveur WordPress, distincte de la charge d’envoi. Brevo et Mailjet regroupent plusieurs événements par appel de webhook, réduisant le nombre de requêtes entrantes. SendGrid, sur la configuration par défaut, envoie un webhook par événement individuel, ce qui a généré un volume de requêtes entrantes nettement supérieur sur nos sites à fort trafic transactionnel.

L'essentiel à retenir : Les quotas horaires diffèrent bien plus que les quotas mensuels affichés ; La gestion des webhooks change la charge côté serveur WordPress ; La réputation d'IP partagée reste le vrai facteur de délivrabilité

Réputation d’IP partagée : le facteur qui pèse le plus sur la délivrabilité

Sur les offres d’entrée et intermédiaires des trois services, l’envoi s’effectue depuis un pool d’adresses IP partagées entre plusieurs clients du prestataire. La réputation de ce pool, hors du contrôle direct de l’agence, a un impact direct et parfois brutal sur le taux de délivrabilité : sur la période testée, l’un des trois services a connu une dégradation temporaire de délivrabilité sur l’un de nos domaines, causée par le comportement d’envoi d’un autre client partageant le même pool d’IP, sans qu’aucune action de notre côté n’ait pu l’anticiper ou l’éviter.

  • Une IP dédiée, disponible en option payante chez les trois prestataires, élimine ce risque mais nécessite un volume d’envoi suffisant pour construire sa propre réputation de façon stable.
  • En dessous d’un certain volume mensuel, une IP dédiée peut au contraire nuire à la délivrabilité, faute de volume constant pour établir une réputation favorable.
  • Le seuil de rentabilité d’une IP dédiée, sur notre expérience, se situe autour de 100 000 emails transactionnels mensuels par domaine.

Notre verdict

Pour un parc de sites à volume d’envoi moyen avec des pics ponctuels, Brevo et Mailjet offrent une meilleure tolérance aux dépassements de quota horaire grâce à leur mise en file d’attente automatique, qui évite d’avoir à coder une logique de nouvelle tentative applicative. SendGrid conserve un avantage sur la granularité de ses webhooks de suivi, utile pour un reporting fin, mais impose une charge entrante plus importante et une gestion explicite des rejets en cas de pic. Le choix final dépend surtout du volume d’envoi réel du parc plutôt que d’une préférence de principe entre les trois services.

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À propos de l'auteur

Clément Hadrot

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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