Depuis que Docker Desktop impose une licence payante pour les entreprises de plus d’une certaine taille utilisant l’outil à titre professionnel, une petite agence utilisant macOS pour son développement WordPress doit se poser une vraie question de coût, pas seulement de confort. Colima, un projet open source qui fait tourner une machine virtuelle Docker en arrière-plan sans interface graphique ni licence associée, s’est imposé comme l’alternative la plus citée. Ce comparatif mesure si cette gratuité se paie en performances ou en confort d’usage sur un projet WordPress réel.
Installer Colima
brew install colima docker docker-compose
colima start --cpu 4 --memory 8
Contrairement à Docker Desktop, Colima ne fournit aucune interface graphique : toute interaction passe par la ligne de commande, que ce soit pour démarrer, arrêter ou ajuster les ressources allouées à la machine virtuelle sous-jacente.
Compatibilité avec un projet WordPress existant

Une fois Colima démarré, la commande docker et docker-compose fonctionnent exactement de la même façon qu’avec Docker Desktop : aucune modification du docker-compose.yml du projet n’est nécessaire. Sur les projets testés (une configuration WordPress avec PHP-FPM, MySQL et nginx), le démarrage et le comportement des conteneurs se sont révélés strictement identiques entre les deux solutions.
Mesures de performance
| Mesure | Docker Desktop | Colima |
|---|---|---|
| Démarrage à froid (docker-compose up) | ~22 secondes | ~19 secondes |
| Requête PHP moyenne (page d’accueil WordPress) | ~180 ms | ~165 ms |
| Consommation RAM au repos | ~1,4 Go | ~900 Mo |
| Synchronisation de fichiers montés (volume bind) | Correcte avec VirtioFS activé | Correcte avec le pilote VZ |
Ces écarts restent modestes et ne constituent pas, à eux seuls, un argument décisif dans un sens ou dans l’autre : les deux solutions s’appuient sur des mécanismes de virtualisation assez proches sur les versions récentes de macOS.
Ce qui différencie réellement l’expérience
- Docker Desktop propose une interface graphique pour visualiser les conteneurs actifs, leurs logs et leur consommation de ressources en un coup d’œil, absente de Colima par défaut (des outils tiers comme Lazydocker peuvent compenser partiellement ce manque en ligne de commande).
- Colima demande une meilleure aisance avec le terminal : ajuster les ressources allouées, changer de moteur de virtualisation, diagnostiquer un problème de réseau passent tous par des commandes explicites plutôt que par des menus.
- Docker Desktop gère automatiquement ses mises à jour via un mécanisme intégré ; Colima suit le cycle de mise à jour standard de Homebrew, ce qui demande une vigilance manuelle supplémentaire de l’équipe.
Le vrai déclencheur du choix : la licence
Pour une agence de plus de deux cent cinquante salariés ou générant plus d’un certain chiffre d’affaires annuel, Docker Desktop impose un abonnement payant par utilisateur en usage professionnel. Pour une petite structure sous ces seuils, Docker Desktop reste utilisable gratuitement, et la question devient alors purement une question de préférence d’interface plutôt que de budget.
Colima n’est pas un pis-aller technique : sur un usage WordPress standard, il tient largement la comparaison. Le choix se résume presque entièrement à l’appétence de l’équipe pour une interface graphique ou pour la ligne de commande.
Un point d’attention sur les extensions Docker Desktop
Certaines équipes utilisent des extensions spécifiques à Docker Desktop (scan de vulnérabilités intégré, extensions tierces du marketplace Docker) qui n’ont pas d’équivalent direct sous Colima. Avant de migrer une équipe entière, il vaut mieux vérifier qu’aucune de ces extensions n’est devenue indispensable au flux de travail quotidien.
Notre choix
Pour une petite agence sous les seuils de licence Docker Desktop et à l’aise avec la ligne de commande, Colima constitue une alternative gratuite parfaitement viable, avec des performances équivalentes sur un projet WordPress standard. Pour une équipe qui valorise particulièrement une interface graphique de supervision des conteneurs, ou qui dépend d’extensions spécifiques à Docker Desktop, l’écart de confort peut justifier de conserver la solution originale, budget de licence en tête.