# Mettre en place un glossaire terminologique partagé entre traducteurs

> Sur un site à fort vocabulaire technique, deux traducteurs indépendants avaient chacun leur propre mot pour le même concept. Voici la checklist que nous suivons pour cadrer un glossaire partagé dès le démarrage d'un projet.

- Auteur : Clément Hadrot
- Publié le : 2022-07-02
- Mis à jour le : 2022-07-02
- Catégorie : Multilingue
- URL : https://wpmoderne.dev.wordpress-developpement.fr/multilingue/glossaire-terminologique-partage-traducteurs/

## L’essentiel

- Un glossaire fixe la traduction validée d'un terme récurrent avant que le travail ne commence
- WPML permet d'attacher un glossaire de termes clés à la Translation Management
- Un terme mal cadré coûte plus cher à corriger après coup qu'à valider en amont

Un client éditeur de logiciels de gestion pour cabinets d'architectes nous a confié la traduction de son site en anglais et en espagnol, en confiant chaque langue à un traducteur indépendant différent. Deux mois plus tard, en relisant l'ensemble du contenu publié, nous avons relevé trente-huit occurrences où le terme central du produit — un module que le client appelle « dossier de suivi » en français — avait été traduit tantôt par *tracking file*, tantôt par *project folder* en anglais, selon la page traduite par tel ou tel traducteur, ou même selon l'humeur du jour du même traducteur.

Ce type d'incohérence n'est presque jamais visible pour le client au moment de la relecture page par page : chaque page prise isolément semble correctement traduite. C'est en lisant le site dans son ensemble, ou en recevant les remarques d'un client final anglophone perdu par deux termes différents pour le même objet, que le problème remonte. La solution n'est pas de mieux relire après coup, mais de **cadrer la terminologie avant que la traduction ne commence**.

## Constituer la liste des termes à fixer

Avant d'ouvrir le moindre fichier à traduire, nous établissons avec le client une liste des termes qui reviendront fréquemment et dont une variation de traduction créerait de la confusion :

- les noms de modules ou de fonctionnalités propres au produit (« dossier de suivi », « fiche chantier », « espace client ») ;
- les intitulés de rôles ou de statuts métier (« maître d'œuvre », « intervenant », « lot »)  ;
- les termes juridiques ou contractuels réutilisés sur plusieurs pages (mentions légales, CGV) ;
- les appellations de produits ou de gammes qui ne doivent jamais être traduites du tout.

Sur ce projet, la liste comptait vingt-deux termes, un volume qui reste gérable manuellement mais qui aurait vite dépassé les capacités d'une simple note partagée sur un projet plus large.

## Attacher le glossaire au flux de traduction WPML

> L'essentiel à retenir : Un glossaire fixe la traduction validée d'un terme récurrent avant que le travail ne commence ; WPML permet d'attacher un glossaire de termes clés à la Translation Management ; Un terme mal cadré coûte plus cher à corriger après coup qu'à valider en amont

WPML propose, dans son module **Translation Management**, une fonctionnalité de glossaire accessible depuis **WPML → Traduction → Traducteurs**. Chaque entrée associe un terme source, sa traduction validée pour chaque langue cible, et une note de contexte optionnelle. Une fois enregistré, ce glossaire est visible directement par le traducteur assigné dans l'éditeur de traduction avancé (ATE), qui surligne le terme reconnu dans le texte source et affiche la traduction attendue en suggestion.

Pour un traducteur travaillant hors de l'éditeur intégré, sur un fichier XLIFF exporté, nous joignons systématiquement le glossaire sous forme de tableau simple en en-tête du document de brief, dans le même format que celui utilisé côté ATE, pour éviter tout écart entre les deux flux.

## La checklist que nous appliquons avant le lancement d'une traduction à plusieurs mains

1. Lister avec le client les dix à trente termes structurants du site, sans se limiter aux noms de produits.
2. Faire valider par le client lui-même la traduction retenue pour chaque terme dans chaque langue cible, plutôt que de laisser ce choix au traducteur.
3. Charger ce glossaire dans WPML Translation Management avant d'assigner le premier lot de contenu.
4. Vérifier, en assignant deux traducteurs différents sur une même langue (cas d'un traducteur de renfort en période de forte charge), qu'ils voient bien le même glossaire.
5. Prévoir un point de contact unique côté client pour trancher un terme ambigu découvert en cours de traduction, plutôt que de laisser chaque traducteur décider seul.
6. Ajouter au glossaire tout nouveau terme récurrent découvert en cours de projet, et notifier les traducteurs déjà en poste du changement.
7. Relire, une fois la traduction terminée, une recherche croisée des termes du glossaire sur l'ensemble du contenu publié pour repérer une éventuelle incohérence résiduelle.

### Un point souvent oublié : le glossaire vaut aussi pour les termes à ne pas traduire

Sur ce projet, le nom du logiciel lui-même, ainsi que deux noms de modules déposés commercialement, devaient rester strictement inchangés dans toutes les langues. Nous les avons ajoutés au glossaire avec la mention « ne pas traduire », car un traducteur pressé peut avoir le réflexe de tout traduire par défaut, y compris une marque.

> Un glossaire validé par le client avant traduction coûte une heure de travail. Une incohérence terminologique découverte après publication sur cinquante pages coûte une reprise complète de la relecture, souvent sous pression de délai.

## Ce que cet article ne traite pas

La mise en place d'un glossaire terminologique répond à un besoin ponctuel de cohérence des mots employés ; elle ne constitue pas, à elle seule, l'organisation complète d'un workflow de traduction d'agence, qui implique aussi la répartition des rôles, les délais et les outils de suivi, sujet que nous traitons séparément.

## Pour aller plus loin

Un glossaire n'est utile que s'il est maintenu vivant : ajoutez-y chaque nouveau terme structurant dès qu'il apparaît, faites-le valider par le client et non par le traducteur seul, et vérifiez-le après coup par une recherche croisée sur le contenu publié. C'est ce cadrage en amont, plus que la relecture après coup, qui évite la dispersion terminologique sur un site à vocabulaire technique.
