# L’histoire de WordPress : de b2 à WordPress 7, les grandes étapes

> De b2/cafelog en 2001 à WordPress 7, retour sur deux décennies de versions, de choix techniques et de communauté qui ont façonné le web.

- Auteur : Clément Hadrot
- Publié le : 2026-09-25
- Mis à jour le : 2026-09-25
- URL : https://wpmoderne.dev.wordpress-developpement.fr/histoire-de-wordpress/

## L’essentiel

- Un simple fork de 2003 est devenu le CMS le plus utilisé au monde
- Chaque grande version (2.7, 3.0, 5.0, 5.9) a redéfini une pratique encore active aujourd'hui
- La rétrocompatibilité et la philosophie « décisions, pas options » expliquent la longévité du projet

Il est facile d'ouvrir l'éditeur de blocs, d'installer une extension ou de configurer un thème bloc sans jamais se demander pourquoi WordPress fonctionne ainsi. Pourtant, chaque choix d'architecture actuel — la structure des extensions, l'existence de `wp-admin`, la logique des blocs, l'obsession de la rétrocompatibilité — porte la trace d'une décision prise des années plus tôt, parfois pour de bonnes raisons techniques, parfois pour des raisons de communauté. Comprendre cette histoire aide à mieux lire le code, à anticiper les évolutions et à ne pas répéter certains débats déjà tranchés il y a longtemps.

## Les origines : de b2/cafelog au fork de 2003

Avant WordPress, il y avait b2/cafelog, un outil de blog créé par le développeur français Michel Valdrighi. Distribué sous licence GPL, b2/cafelog avait rassemblé une petite communauté d'utilisateurs séduits par sa simplicité, mais son développement s'est essoufflé au début des années 2000, laissant le projet sans mises à jour régulières.

C'est dans ce contexte qu'en mai 2003, Matt Mullenweg et Mike Little décident de forker b2/cafelog pour donner naissance à WordPress. Le choix du nom, la volonté de garder le code ouvert sous licence GPL et l'ambition de continuer à faire évoluer l'outil marquent dès le départ l'ADN du projet. La toute première version publiée, WordPress 0.7, reprend l'essentiel de la base de b2 tout en amorçant les premières corrections.

La version 1.0, publiée en janvier 2004, formalise cette naissance : c'est la première mouture pensée comme un produit à part entière, avec une gestion plus propre des permaliens et de la structure de la base de données. Dès cette époque, WordPress adopte une pratique qui deviendra une tradition : donner à chaque version majeure un nom de code inspiré du jazz, en hommage aux musiciens que Matt Mullenweg apprécie.

## Du blog au CMS : 2005-2009

L'année 2005 marque un tournant. WordPress 1.2 introduit en 2004 le système d'extensions (plugins), ouvrant la porte à un écosystème de développeurs tiers qui ne cessera de grandir. Puis WordPress 1.5, sorti début 2005, apporte les thèmes tels qu'on les connaît encore aujourd'hui, ainsi que les pages statiques, distinctes des articles de blog : WordPress commence à sortir du seul cadre du blog pour devenir un outil de gestion de contenu plus généraliste.

C'est également en 2005 que Matt Mullenweg fonde Automattic, la société qui portera notamment Wordpress.com, Jetpack et plus tard WooCommerce, tout en restant distincte du projet open source WordPress.org. Cette séparation entre le logiciel libre et l'entreprise commerciale est une clé de lecture importante pour comprendre l'écosystème WordPress dans les années qui suivent.

Fin 2005, WordPress 2.0 modernise en profondeur l'interface d'administration et l'éditeur de contenu. Les versions 2.x qui suivent consolident la plateforme, jusqu'à WordPress 2.7 fin 2008, qui refond entièrement l'ergonomie de l'admin et introduit les mises à jour en un clic pour le cœur, les extensions et les thèmes — une avancée qui change radicalement la vie des administrateurs de sites, jusque-là contraints à des mises à jour manuelles par FTP.

Autre jalon communautaire important de cette période : le premier WordCamp se tient à San Francisco en 2006, donnant naissance à une tradition de rencontres locales qui essaimera ensuite dans le monde entier, y compris avec un WordCamp Paris devenu un rendez-vous régulier pour la communauté francophone.

## L'ère du CMS universel : 2010-2017

WordPress 3.0, sorti en 2010, est sans doute l'une des versions les plus structurantes de l'histoire du projet. Elle fusionne WordPress avec WordPress MU (Multi-User), donnant naissance au multisite intégré au cœur même du logiciel. Elle introduit aussi les types de contenu personnalisés (custom post types) et les menus de navigation personnalisables, deux fondations qui permettent à WordPress de sortir définitivement du seul usage de blog pour devenir une plateforme généraliste capable de gérer des sites vitrines, des portefeuilles ou des sites d'entreprise. Le thème par défaut Twenty Ten, qui accompagne cette version, inaugure la série des thèmes annuels nommés par année.

La même année, la WordPress Foundation est créée pour porter la marque, la philosophie et les valeurs open source du projet indépendamment d'Automattic, renforçant l'idée que WordPress appartient avant tout à sa communauté.

Les années suivantes affinent l'expérience utilisateur et la sécurité : WordPress 3.5 en 2012 modernise la médiathèque, WordPress 3.7 en 2013 introduit les mises à jour automatiques de sécurité en arrière-plan, une avancée majeure pour la sécurité globale de l'écosystème, et WordPress 3.8 la même année refond l'interface d'administration pour la rendre responsive et adaptée aux usages mobiles.

Le milieu des années 2010 prépare, sans que cela soit encore visible pour la plupart des utilisateurs, la grande bascule vers les blocs. WordPress 4.4 en 2015 pose les bases de l'infrastructure REST API, ajoute les embeds et les images responsives. WordPress 4.7 en 2016 va plus loin en exposant des points d'accès REST pour le contenu, ouvrant la voie à des usages headless et à des interfaces d'administration plus modernes construites en JavaScript.

## La révolution des blocs : 2018-2022

Décembre 2018 marque une rupture majeure avec WordPress 5.0, nom de code « Bebo », qui introduit Gutenberg, le nouvel éditeur par blocs. Ce changement, préparé de longue date et testé pendant des mois sous forme d'extension autonome, remplace l'éditeur classique basé sur un unique champ de texte par une composition de blocs indépendants : paragraphes, images, colonnes, citations, et bien d'autres. Le changement suscite à l'époque un débat vif dans la communauté, certains saluant la modernisation, d'autres regrettant la rupture avec les habitudes et les extensions existantes ; l'extension Classic Editor est d'ailleurs maintenue pour accompagner la transition.

Les versions suivantes consolident cette nouvelle architecture. WordPress 5.5 en 2020 ajoute la génération automatique de sitemaps XML, le chargement différé (lazy-load) des images, et surtout la possibilité de mises à jour automatiques pour les extensions et les thèmes, renforçant encore la sécurité par défaut des sites.

WordPress 5.8 en 2021 introduit `theme.json`, un fichier de configuration qui centralise les réglages de styles et de mise en page d'un thème, préparant le terrain pour une gestion plus fine et plus cohérente de l'apparence des sites par les blocs eux-mêmes plutôt que par du code dispersé.

Janvier 2022 voit l'arrivée de WordPress 5.9, qui généralise l'édition complète du site (Full Site Editing, ou FSE) : les thèmes blocs permettent désormais de composer non seulement le contenu des pages, mais aussi l'en-tête, le pied de page et les gabarits eux-mêmes directement depuis l'éditeur.

## L'édition complète du site et au-delà : 2022-2026

Les années suivantes affinent l'édition complète du site plutôt que de la bouleverser. WordPress 6.2 en 2023 marque la fin de la phase bêta de l'éditeur de site, le considérant comme suffisamment mature pour un usage généralisé. WordPress 6.5 en 2024 introduit l'Interactivity API, qui standardise la façon dont les blocs peuvent ajouter de l'interactivité côté client sans dépendre systématiquement de bibliothèques JavaScript tierces, ainsi qu'une Font Library pour gérer plus simplement les polices de caractères.

Le projet poursuit son rythme de publication en 2025 avec WordPress 6.8, puis en fin d'année WordPress 6.9, qui met notamment l'accent sur l'Abilities API, une nouvelle façon d'exposer les fonctionnalités d'un site de manière structurée, dans un contexte où les usages liés à l'intelligence artificielle et à l'automatisation prennent une place croissante dans l'écosystème.

WordPress 7.0, attendu en 2026, poursuit cette trajectoire d'un CMS qui reste fidèle à ses fondamentaux — la GPL, la rétrocompatibilité, l'ouverture aux extensions et aux thèmes — tout en continuant d'absorber les usages contemporains du web. Tout au long de cette période, WordPress conserve une position dominante sur le marché des sites web, avec une part de marché estimée par W3Techs autour de 40 % au début des années 2020, un chiffre qu'il convient de manier avec prudence tant les méthodologies de mesure varient, mais qui illustre l'ampleur de l'écosystème.

## La grande timeline de WordPress

1. **2001** *b2/cafelog* Michel Valdrighi publie b2/cafelog, l'outil de blog qui deviendra la base de WordPress.
2. **mai 2003** *WordPress 0.7* Matt Mullenweg et Mike Little forkent b2/cafelog et publient la première version de WordPress.
3. **janvier 2004** *WordPress 1.0* Première version majeure, avec une gestion plus propre des permaliens.
4. **2004** *WordPress 1.2* Introduction du système d'extensions (plugins), qui ouvre la voie à l'écosystème tiers.
5. **2005** *WordPress 1.5* Arrivée du système de thèmes et des pages statiques, distinctes des articles.
6. **2005** *Automattic* Matt Mullenweg fonde Automattic, la société derrière WordPress.com et d'autres produits liés à l'écosystème.
7. **fin 2005** *WordPress 2.0* Refonte de l'administration et de l'éditeur de contenu.
8. **2006** *Premier WordCamp* La première conférence WordCamp se tient à San Francisco.
9. **fin 2008** *WordPress 2.7* Refonte majeure de l'admin et arrivée des mises à jour en un clic.
10. **2010** *WordPress 3.0* Fusion avec WordPress MU (multisite), types de contenu personnalisés, menus, thème Twenty Ten.
11. **2010** *WordPress Foundation* Création de la fondation chargée de porter la marque et les valeurs du projet.
12. **2012** *WordPress 3.5* Modernisation de la médiathèque.
13. **2013** *WordPress 3.7* Mises à jour automatiques de sécurité en arrière-plan.
14. **2013** *WordPress 3.8* Nouvelle interface d'administration responsive.
15. **2015** *WordPress 4.4* Infrastructure de la REST API, embeds, images responsives.
16. **2016** *WordPress 4.7* Points d'accès REST pour le contenu du site.
17. **décembre 2018** *WordPress 5.0 « Bebo »* Arrivée de Gutenberg et de l'éditeur par blocs.
18. **2020** *WordPress 5.5* Sitemaps XML natifs, lazy-load des images, mises à jour automatiques des extensions et thèmes.
19. **2021** *WordPress 5.8* Introduction de `theme.json` pour centraliser les réglages de style.
20. **janvier 2022** *WordPress 5.9* Généralisation de l'édition complète du site (Full Site Editing).
21. **2023** *WordPress 6.2* Fin de la phase bêta de l'éditeur de site.
22. **2024** *WordPress 6.5* Interactivity API et Font Library.
23. **2025** *WordPress 6.8* Poursuite des améliorations de l'édition par blocs et des performances.
24. **fin 2025** *WordPress 6.9* Introduction de l'Abilities API.
25. **2026** *WordPress 7.0* Nouvelle version majeure du projet.

## Les versions qui ont tout changé

| Version | Année | Nom de code | Apport majeur |
| --- | --- | --- | --- |
| 1.2 | 2004 | — | Système d'extensions (plugins) |
| 1.5 | 2005 | — | Thèmes et pages statiques |
| 2.7 | 2008 | — | Refonte de l'admin, mises à jour en un clic |
| 3.0 | 2010 | Thelonious | Multisite, types de contenu personnalisés, menus |
| 3.7 | 2013 | Basie | Mises à jour automatiques de sécurité |
| 4.4 | 2015 | Clifford | Fondations de la REST API, images responsives |
| 5.0 | 2018 | Bebo | Éditeur par blocs (Gutenberg) |
| 5.9 | 2022 | Josephine | Édition complète du site (FSE) |
| 6.5 | 2024 | Regina | Interactivity API, Font Library |

## Ce que cette histoire nous apprend pour développer aujourd'hui

La première leçon, et sans doute la plus citée par les développeurs qui travaillent sur WordPress au quotidien, tient à la rétrocompatibilité. Le projet a fait très tôt le choix de ne presque jamais casser les sites existants d'une version à l'autre, quitte à conserver du code ancien ou des API qui pourraient sembler datées. C'est un choix qui rassure les agences et les propriétaires de sites, mais qui impose aussi une discipline particulière lorsqu'on développe une extension ou un thème : il faut composer avec l'existant plutôt que de tout réécrire à chaque évolution du cœur.

La deuxième leçon est philosophique : WordPress revendique depuis longtemps le principe « décisions, pas options » (decisions, not options). Plutôt que de multiplier les réglages pour satisfaire tous les cas d'usage, le projet préfère trancher et proposer un chemin par défaut cohérent, quitte à laisser aux extensions le soin de couvrir les besoins plus spécifiques. On retrouve cette logique dans l'arrivée de `theme.json` ou dans la structure même des blocs.

Enfin, l'histoire de WordPress rappelle que les grandes ruptures techniques, comme celle de Gutenberg, prennent du temps à être digérées par une communauté aussi large et diverse. Développer pour WordPress aujourd'hui, c'est composer avec cette histoire longue : comprendre pourquoi certaines API coexistent avec d'autres plus récentes, et pourquoi la prudence face aux changements brutaux reste une valeur cardinale du projet.

## Conclusion

De b2/cafelog à WordPress 7, l'histoire du projet est celle d'un logiciel libre qui a su se réinventer sans jamais renier ses fondamentaux : la licence GPL, une communauté mondiale organisée notamment autour des WordCamps, et une attention constante portée à la compatibilité et à la simplicité d'usage. Connaître ces grandes étapes, ce n'est pas seulement une curiosité historique : c'est une manière de mieux comprendre les choix qui structurent encore le WordPress que vous développez aujourd'hui, et ceux qui continueront de le façonner demain.
