Trois semaines. C’est le délai fixé par la direction d’une agence événementielle, que nous appellerons Cadanse, pour quitter Webflow et faire tourner son site vitrine sur une nouvelle architecture avant l’ouverture d’un salon professionnel majeur pour son activité. Le compte à rebours ne laissait aucune place à une refonte graphique complète : il fallait un contenu identique, un front plus rapide, et un back-office qui ne dépende plus d’un abonnement mensuel par site.
Webflow avait bien rendu service pour lancer rapidement une vitrine soignée, mais la gestion de contenu par plusieurs personnes en parallèle devenait pénible, et chaque variation de mise en page nécessitait de repasser par l’éditeur visuel. L’équipe a choisi de reconstruire le contenu dans WordPress, consommé en lecture seule par un front Astro généré statiquement.
Semaine 1 : rapatrier le contenu sans y perdre la structure
Webflow permet d’exporter le contenu en CSV depuis son CMS, mais cet export ne conserve ni la mise en forme riche ni les relations entre collections. L’équipe a donc recréé la structure éditoriale directement dans WordPress : un type de contenu personnalisé evenement pour les événements passés, et les pages standards pour les contenus institutionnels. La ressaisie du texte a pris trois jours, répartis entre deux personnes, en s’appuyant sur l’éditeur de blocs pour retrouver rapidement une mise en page proche de l’existant.
Semaine 2 : brancher Astro sur l’API REST

Astro consomme l’API REST de WordPress au moment du build, sans framework de rendu côté serveur superflu pour un site majoritairement statique. Chaque page événement est générée à partir d’un appel à l’endpoint des articles personnalisés :
// src/pages/evenements/[slug].astro
export async function getStaticPaths() {
const reponse = await fetch('https://cms.cadanse.fr/wp-json/wp/v2/evenement?per_page=50');
const evenements = await reponse.json();
return evenements.map((evt) => ({
params: { slug: evt.slug },
props: { evt },
}));
}
Le choix d’un rendu statique complet, régénéré à chaque publication via un webhook déclenché par le plugin publish_post, évite toute dépendance à un serveur de rendu permanent. Le site tient sur un simple hébergement de fichiers statiques, ce qui réduit la facture d’infrastructure par rapport à l’abonnement Webflow précédent.
Semaine 3 : les détails qui décident d’un lancement réussi
Les deux premières semaines ont porté sur le contenu et la mécanique de génération. La troisième a servi à traiter ce qui fait la différence en salon professionnel :
- Les redirections depuis les anciennes URL Webflow, indispensables pour ne pas perdre les liens déjà partagés sur les réseaux professionnels.
- La génération d’un sitemap XML natif, activée par défaut depuis WordPress 5.5, pour que les moteurs de recherche redécouvrent vite les pages.
- Un test de charge simple, une simulation de pic de visites le jour de l’ouverture du salon, pour vérifier que l’hébergement statique tenait sans effort.
Ce qui a été volontairement laissé de côté
Le référencement fin (méta-descriptions optimisées, structuration Schema.org avancée) n’entrait pas dans le périmètre des trois semaines : l’objectif était de tenir la date du salon avec un contenu fidèle et un site rapide, pas de repenser la stratégie de visibilité. Cette étape a été planifiée pour le trimestre suivant, une fois la migration stabilisée.
Ce que l’agence a gagné concrètement
Au-delà du respect du délai, Cadanse a gagné en autonomie : plus besoin de payer un abonnement par fonctionnalité, et une équipe qui maîtrise déjà l’éditeur de blocs pour la production de contenu quotidienne. Le front Astro, généré statiquement, encaisse sans effort les pics de trafic du jour du salon, quand l’ancien site Webflow montrait déjà des signes de ralentissement sur les mêmes conditions l’année précédente.
Le jour du salon, en pratique
Le premier jour du salon, l’équipe a surveillé le trafic depuis le stand lui-même, via un simple tableau de suivi d’audience ouvert sur un téléphone. Aucune alerte n’a été déclenchée : les pages se chargeaient en dessous de la seconde, y compris lors du pic constaté entre midi et quatorze heures, quand plusieurs centaines de visiteurs consultaient simultanément la page des exposants depuis leur propre téléphone. Ce résultat contrastait nettement avec l’édition précédente, où le site Webflow avait montré des signes de ralentissement visibles sous une charge pourtant comparable.
Une migration sous contrainte de délai réussit rarement en voulant tout refaire : elle réussit en choisissant ce qu’on ne touche pas.
Notre verdict
Trois semaines suffisent pour migrer un site vitrine de Webflow vers un headless WordPress-Astro, à condition d’accepter de ne pas tout améliorer en même temps. Le contenu prime, la structure technique suit, et le référencement fin attend son tour.