« Le contenu Markdown se convertit tel quel ? » C’est la première question que pose tout blogueur qui envisage de quitter Ghost pour un site WordPress construit avec Elementor. La réponse dépend entièrement de ce que ce Markdown contenait réellement : du texte simple avec quelques mises en forme basiques se convertit sans accroc, mais les fonctionnalités propres à l’écosystème éditorial de Ghost suivent un chemin bien plus délicat.
Ce retour d’expérience détaille la fidélité de conversion observée sur un blog personnel migré depuis Ghost, avec un focus exclusif sur le contenu éditorial lui-même. La migration des abonnés à la newsletter intégrée de Ghost, question à part entière, n’entre pas dans ce périmètre.
Ce qui se convertit sans problème
Le Markdown standard de Ghost (titres, paragraphes, listes, citations, liens, mise en gras et italique) se traduit directement en HTML propre lors de l’export, et ce HTML s’importe ensuite sans difficulté dans un widget Texte d’Elementor ou, mieux, dans un composant d’article construit spécifiquement pour la structure des billets du blog. Sur le corpus testé, cette catégorie de contenu représentait la grande majorité des articles publiés au fil des années.
Ce qui casse ou se dégrade à la conversion

Les cartes spécifiques à Ghost (galerie d’images groupées, bouton d’action stylé, embed de réseau social natif) n’ont pas d’équivalent direct en Markdown standard : elles sont encodées dans un format propriétaire à Ghost qui, une fois exporté, se retrouve soit vidé de sa mise en forme, soit converti en un bloc de code brut illisible. Chacune de ces occurrences doit être identifiée manuellement puis reconstruite avec les widgets Elementor correspondants.
Les images ancrées directement dans le corps du texte posent un problème différent : les chemins de fichiers exportés par Ghost pointent vers son propre système de stockage, ce qui impose de retélécharger chaque image puis de corriger son chemin dans le contenu importé, article par article, sauf à automatiser cette étape via un script de recherche-remplacement sur les URLs.
La méthode retenue pour ce blog
- Exporter l’intégralité du contenu depuis l’administration Ghost au format JSON, qui contient le Markdown brut de chaque article.
- Convertir ce Markdown en HTML via un script de conversion, en conservant la structure des titres et des listes.
- Importer ce contenu dans WordPress en tant qu’articles de blog, avec les images encore pointées vers l’ancien hébergement Ghost.
- Passer une commande
wp search-replacepour corriger les chemins d’images vers la nouvelle bibliothèque de médias WordPress, une fois les fichiers eux-mêmes retéléchargés. - Relire chaque article un par un pour repérer les cartes Ghost restées sous forme de code brut et les reconstruire avec les widgets Elementor adaptés.
Un résultat globalement satisfaisant, avec des exceptions à surveiller
Sur l’ensemble du corpus testé, la grande majorité des articles n’a nécessité aucune retouche manuelle après l’import automatique. Les exceptions concernaient presque systématiquement des articles anciens qui utilisaient des cartes spécifiques à Ghost, popularisées dans les premières versions de la plateforme, aujourd’hui plus rarement utilisées par les blogueurs qui préfèrent le Markdown pur.
Ce que cette migration n’a pas couvert
La liste des abonnés à la newsletter intégrée de Ghost, avec leur historique d’engagement, a fait l’objet d’un export séparé vers un outil d’emailing tiers, indépendamment de la migration du contenu éditorial. Cette partie suit des enjeux de conformité et de consentement propres, distincts de la simple conversion de texte.
Avant toute migration de ce type, mieux vaut faire un inventaire rapide des cartes spécifiques utilisées dans le blog d’origine : cela permet d’estimer à l’avance le volume de retouche manuelle à prévoir, plutôt que de le découvrir article après article une fois l’import lancé.
En résumé
Le Markdown de Ghost se convertit fidèlement tant qu’il reste dans son usage le plus simple ; les fonctionnalités éditoriales propriétaires de la plateforme demandent en revanche une reconstruction manuelle systématique. Pour un blogueur qui envisage cette migration, estimer ce volume de retouche en amont évite les mauvaises surprises une fois le contenu importé côté Elementor.