Le formulaire de demande de devis d’un client artisan comptait quatorze champs sur une seule page : coordonnées, type de projet, budget, délais, photos à joindre. Les statistiques de soumission montraient un taux d’abandon élevé après les cinq premiers champs. Plutôt que de retirer des champs jugés utiles côté commercial, la solution retenue a été de découper le formulaire en étapes successives, avec une barre de progression qui donne une estimation visuelle du temps restant.
Le widget Form d’Elementor Pro intègre nativement cette fonctionnalité depuis plusieurs versions, sans nécessiter de plugin de formulaire tiers supplémentaire. Le champ spécial « Étape » (Step) sert de séparateur entre deux groupes de champs, et Elementor construit automatiquement la navigation entre les étapes ainsi que la barre de progression associée.
Mise en place étape par étape
- Dans le widget Form, ajouter les champs habituels via l’onglet Contenu
- Insérer un champ de type Étape à l’endroit où la première coupure doit intervenir, en lui donnant un libellé court (« Votre projet », « Vos coordonnées »)
- Répéter l’opération pour chaque coupure supplémentaire ; Elementor découpe automatiquement le formulaire en autant de groupes que d’étapes définies
- Dans l’onglet Style du widget, section Étapes, activer l’affichage de la barre de progression et choisir entre le style points, barre pleine ou pourcentage textuel
- Personnaliser les libellés des boutons Suivant et Précédent pour qu’ils restent cohérents avec le ton du site
Répartir les champs intelligemment

Le découpage ne doit pas être arbitraire : regrouper les champs par logique de réflexion pour le visiteur plutôt que par simple nombre. Sur ce formulaire de devis, la répartition retenue a été la suivante : la première étape porte sur le projet lui-même (type de travaux, surface, budget approximatif), la deuxième sur les contraintes pratiques (délais souhaités, adresse d’intervention), et la troisième sur les coordonnées de contact, volontairement placée en dernier pour que le visiteur soit déjà engagé dans la démarche avant de communiquer son numéro de téléphone.
Pourquoi la dernière étape convertit mieux
Ce choix d’ordre n’est pas anodin : demander les coordonnées en tout premier crée une friction immédiate, le visiteur n’ayant encore rien investi dans le formulaire. En repoussant cette demande après deux étapes où il a déjà répondu à des questions sur son propre projet, l’effort déjà consenti (effet de sunk cost) augmente la probabilité qu’il aille au bout plutôt que d’abandonner à la dernière étape.
Validation par étape, pas seulement à la fin
Un point souvent négligé : Elementor valide automatiquement les champs obligatoires d’une étape avant d’autoriser le passage à la suivante, ce qui évite qu’un visiteur découvre à la toute fin du formulaire qu’un champ rempli deux étapes plus tôt était mal renseigné. Cette validation intermédiaire, activée par défaut, réduit encore la frustration et le taux d’abandon en fin de parcours.
- Ne jamais dépasser quatre champs par étape, au-delà l’effet « allègement perçu » disparaît
- Toujours placer les champs les plus engageants (téléphone, e-mail) après au moins une étape de qualification
- Tester le parcours complet sur mobile, la barre de progression prend une place non négligeable sur un petit écran et mérite d’être vérifiée en style « points » plutôt que barre pleine si l’espace manque
Un formulaire découpé en étapes ne réduit pas le nombre de questions posées, il change simplement la perception de l’effort demandé : c’est cette perception qui fait la différence sur le taux de complétion.
Résultat mesuré sur ce projet
Trois semaines après la mise en place du formulaire multi-étapes, le taux de complétion a nettement progressé par rapport à la version en page unique, sans qu’aucun champ n’ait été retiré. Le client a pu conserver l’ensemble des informations nécessaires à sa qualification commerciale, tout en réduisant la friction perçue par le visiteur. Pour tout formulaire dépassant huit champs, ce découpage mérite d’être envisagé par défaut plutôt qu’en dernier recours.