# Le RGAA 4.1 expliqué aux développeurs WordPress, critère par critère

> Le RGAA n'est pas réservé aux sites publics. Voici comment le lire comme un développeur et l'appliquer à un thème WordPress sans se noyer dans le jargon juridique.

- Auteur : Clément Hadrot
- Publié le : 2020-03-10
- Mis à jour le : 2020-03-10
- Catégorie : Accessibilité
- URL : https://wpmoderne.dev.wordpress-developpement.fr/accessibilite/rgaa-41-developpeurs-wordpress/

## L’essentiel

- 106 critères répartis en 13 thématiques
- Chaque critère a un ou plusieurs tests
- Le code du thème concentre la moitié des échecs

La première fois qu'un client demande « le site doit être conforme RGAA », la réaction la plus courante est la panique douce : un document de plusieurs centaines de pages, un vocabulaire administratif et l'impression qu'il faudra tout refaire. En pratique, le Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité est surtout une liste de vérifications techniques, la plupart directement actionnables dans le code d'un thème ou d'un plugin WordPress.

Ce référentiel, piloté par la DINUM, décline en France les règles internationales WCAG en 106 critères de contrôle, eux-mêmes détaillés en 257 tests. Comprendre sa structure permet de transformer une obligation légale en check-list de développement, et d'éviter de découvrir les problèmes seulement au moment de l'audit final.

## À qui s'adresse réellement le RGAA

Le RGAA s'applique de plein droit aux services publics : administrations d'État, collectivités territoriales, établissements publics, et par ricochet aux organismes délégataires d'une mission de service public. Un site WordPress développé pour une mairie, une université ou une caisse de sécurité sociale doit donc s'y conformer. Les entreprises privées ne sont pas soumises au RGAA en tant que tel, mais de plus en plus de cahiers des charges l'exigent par précaution, en particulier depuis que la directive européenne sur l'accessibilité étend le périmètre aux acteurs privés qui vendent en ligne.

Dans les faits, un développeur WordPress croise le RGAA dans trois contextes : un marché public explicite, une charte graphique fournie par une agence gouvernementale, ou une demande volontaire d'un client qui veut sécuriser son site contre un futur contentieux. Dans les trois cas, la méthode de travail est identique.

## Les 13 thématiques du référentiel

Le RGAA organise ses critères en treize thématiques, qui recoupent presque terme à terme les briques d'un thème WordPress. Le tableau ci-dessous donne une vue d'ensemble utile pour prioriser un audit.

| Thématique | Nombre de critères | Zone WordPress concernée |
| --- | --- | --- |
| Images | 9 | Médiathèque, balises alt |
| Cadres (iframe) | 2 | Embeds, vidéos |
| Couleurs | 3 | Customizer, feuilles de style |
| Multimédia | 10 | Bloc vidéo, audio |
| Tableaux | 10 | Bloc table, contenu éditorial |
| Liens | 8 | Menus, contenu |
| Scripts | 9 | JavaScript des thèmes et plugins |
| Éléments obligatoires | 7 | Structure HTML globale |
| Structuration | 10 | Titres, hiérarchie |
| Présentation de l'information | 13 | CSS, mise en page |
| Formulaires | 18 | Contact, recherche, commentaires |
| Navigation | 7 | Menus, fil d'Ariane |
| Consultation | 12 | Zoom, contenus alternatifs |

> L'essentiel à retenir : 106 critères répartis en 13 thématiques ; Chaque critère a un ou plusieurs tests ; Le code du thème concentre la moitié des échecs

## Traduire un critère RGAA en tâche de développement

Prendre un critère au hasard illustre bien l'exercice. Le critère 3.2 impose que, dans chaque page, les informations ne doivent pas être données uniquement par la couleur. Sur un thème WordPress, cela concerne typiquement les liens du contenu éditorial : si `a { color: red; }` est la seule différence visuelle avec le texte courant, le critère échoue. La correction est simple, un soulignement systématique ou un changement de graisse suffit :

```
a {
  color: var(--wp--preset--color--accent);
  text-decoration: underline;
  text-underline-offset: 0.15em;
}
```

Le critère 8.9, lui, interdit d'utiliser des balises de titre (`h1` à `h6`) uniquement pour un effet de style. C'est un piège classique des thèmes qui appliquent une classe `.h2` visuelle à un `<p>`, ou inversement qui transforment un slogan en `<h1>` pour sa taille de police. Un audit de thème commence presque toujours par vérifier que l'ordre des titres reflète la structure logique du contenu, et non son apparence.

## La méthode de test manuel à connaître

Chaque critère RGAA est accompagné d'une méthode de test précise, avec un résultat binaire : conforme ou non conforme. Cette rigueur est une bonne nouvelle pour un développeur, car elle élimine l'ambiguïté qui existe parfois dans les recommandations WCAG plus générales. La méthode de test décrit exactement quel outil utiliser (inspecteur du navigateur, lecteur d'écran, extension de contraste) et quel résultat attendre.

- Naviguer entièrement au clavier, sans souris, du début à la fin d'un parcours utilisateur
- Vérifier l'ordre de tabulation avec l'inspecteur d'accessibilité du navigateur
- Contrôler chaque ratio de contraste avec un outil dédié plutôt qu'à l'œil
- Désactiver les styles CSS pour vérifier que l'ordre de lecture reste cohérent
- Passer le contenu principal à un lecteur d'écran au moins une fois par gabarit de page

## Erreurs récurrentes sur les sites WordPress

Après plusieurs audits de sites institutionnels, les mêmes défauts reviennent presque à chaque fois. Le premier concerne les widgets de recherche ajoutés par un plugin tiers, dont le champ n'a souvent aucun `<label>` associé. Le deuxième touche les carrousels d'accueil, animés automatiquement sans bouton de pause, ce qui viole directement le critère 13.3 sur le contrôle du temps de défilement. Le troisième, plus subtil, concerne le focus visuel : de nombreux thèmes suppriment le contour de focus par défaut du navigateur avec `outline: none`, sans le remplacer par un style équivalent, rendant la navigation clavier totalement invisible.

> Un thème qui passe les tests de contraste et de structure mais qui a un focus invisible reste, pour un utilisateur au clavier, un site inutilisable. Le RGAA note ce défaut sur un seul critère, mais son impact pratique dépasse largement son poids dans la grille de calcul.

## En résumé

Le RGAA 4.1 n'est pas un mur administratif mais une grille de lecture technique, directement transposable dans le travail quotidien d'un développeur WordPress. Commencer un projet en gardant les treize thématiques à l'esprit, plutôt que de les découvrir lors d'un audit externe, change complètement le coût de la mise en conformité. Un thème pensé dès le départ pour respecter la structure des titres, le contraste des couleurs et la navigation clavier économise des dizaines d'heures de correction a posteriori.
