# Former cinquante rédacteurs d’un grand groupe à l’accessibilité des blocs

> Comment outiller cinquante rédacteurs répartis dans huit filiales pour qu'ils produisent du contenu accessible sans dépendre d'un développeur à chaque publication ?

- Auteur : Clément Hadrot
- Publié le : 2024-10-10
- Mis à jour le : 2024-10-10
- Catégorie : Accessibilité
- URL : https://wpmoderne.dev.wordpress-developpement.fr/accessibilite/former-cinquante-redacteurs-groupe-accessibilite-blocs/

## L’essentiel

- Un contrôle intégré dans l'éditeur vaut mieux qu'une règle écrite
- Trois erreurs concentrent la majorité des anomalies rédactionnelles
- Un correctif après coup coûte plus cher qu'une alerte à la saisie

Comment outiller cinquante rédacteurs répartis dans huit filiales, sans expertise technique et sans formation continue possible, pour qu'ils produisent du contenu conforme au RGAA sans dépendre d'un développeur à chaque publication ? C'est la question posée par la direction de la communication d'un grand groupe industriel, après un audit externe ayant relevé plusieurs centaines d'anomalies sur son intranet WordPress multisite.

La réponse évidente, « former tout le monde à l'accessibilité », s'est heurtée à une réalité de terrain : les rédacteurs changent régulièrement, la formation initiale s'oublie, et personne ne relit systématiquement une publication avant sa mise en ligne. L'équipe technique a donc choisi une autre voie : intégrer les contrôles directement dans l'éditeur de blocs, plutôt que de les confier à la mémoire des rédacteurs.

## Trois erreurs concentraient l'essentiel du problème

L'analyse des anomalies remontées par l'audit a montré que 73 % d'entre elles provenaient de trois pratiques récurrentes, largement indépendantes de la complexité du sujet traité : des images publiées sans texte alternatif, des liens au libellé identique répétés sur une même page (« En savoir plus » utilisé sept fois sans distinction), et des titres de section sautant un niveau de hiérarchie pour des raisons purement visuelles.

Plutôt que de traiter l'ensemble du référentiel RGAA dans une formation de plusieurs heures, l'équipe a concentré son dispositif sur ces trois points, en acceptant de laisser de côté des critères plus rares mais moins urgents à corriger.

## Un contrôle intégré directement dans l'éditeur

> L'essentiel à retenir : Un contrôle intégré dans l'éditeur vaut mieux qu'une règle écrite ; Trois erreurs concentrent la majorité des anomalies rédactionnelles ; Un correctif après coup coûte plus cher qu'une alerte à la saisie

Le premier levier a consisté à bloquer, ou au moins signaler, ces trois erreurs au moment même où le rédacteur les commet, plutôt qu'après publication. Pour le texte alternatif manquant, un filtre sur le bloc Image côté JavaScript affiche un badge d'alerte visible dans l'inspecteur du bloc tant que le champ reste vide :

```
import { addFilter } from '@wordpress/hooks';
import { createHigherOrderComponent } from '@wordpress/compose';

const alerteAltManquant = createHigherOrderComponent( ( BlockEdit ) => {
    return ( props ) => {
        if ( props.name === 'core/image' && ! props.attributes.alt ) {
            return (
                <>
                    <BlockEdit { ...props } />
                    <div className="alerte-a11y-groupe">
                        Texte alternatif manquant : cette image ne sera pas
                        décrite aux lecteurs d'écran.
                    </div>
                </>
            );
        }
        return <BlockEdit { ...props } />;
    };
}, 'alerteAltManquant' );

addFilter( 'editor.BlockEdit', 'groupe/alerte-alt', alerteAltManquant );
```

Pour les libellés de liens répétés, un script d'analyse côté panneau latéral parcourt le contenu de l'article en cours d'édition et signale les libellés strictement identiques utilisés plus d'une fois, en suggérant une reformulation contextuelle (« Voir la fiche produit X » plutôt que « En savoir plus »).

## Le guide de trois pages qui a remplacé la formation de trois heures

Le second levier a été documentaire : plutôt qu'un support de formation exhaustif, l'équipe a rédigé un guide de trois pages, illustré d'exemples avant/après tirés de vrais articles du groupe (anonymisés), centré exclusivement sur les trois erreurs identifiées. Ce guide a été intégré directement dans l'écran d'aide de l'éditeur WordPress, accessible en un clic depuis n'importe quelle page de rédaction, via un panneau enregistré avec `wp_add_help_tab`.

- Une page sur le texte alternatif, avec des exemples concrets de formulations à éviter et à privilégier.
- Une page sur les libellés de lien, avec la règle simple « le libellé doit avoir un sens hors contexte ».
- Une page sur la hiérarchie des titres, avec un rappel visuel des niveaux à utiliser dans l'ordre.

## Mesurer l'effet réel après trois mois

Un second passage d'audit automatisé, trois mois après le déploiement du dispositif, a permis de comparer objectivement la situation. Le nombre d'images sans texte alternatif a chuté de manière nette, les libellés de lien dupliqués ont quasiment disparu sur les contenus publiés après la mise en place du contrôle dans l'éditeur, et la hiérarchie des titres restait le point le plus lent à progresser, les rédacteurs continuant parfois à choisir un niveau de titre pour son rendu visuel plutôt que pour sa position logique.

> Un contrôle visible au moment de la saisie change un comportement bien plus efficacement qu'une règle lue une fois en formation et jamais revue ensuite.

## Les limites de ce dispositif

Ce dispositif ne remplace pas un audit technique du thème ou des blocs personnalisés eux-mêmes : il traite exclusivement la partie éditoriale, celle que les rédacteurs peuvent influencer directement dans leur usage quotidien de l'éditeur. Ce billet ne couvre pas la formation éditoriale générale au sens large (ton, style, organisation des contenus), qui relevait d'un dispositif distinct piloté par la direction de la communication.

## En résumé

Face à cinquante rédacteurs répartis sur huit filiales, la solution durable n'a pas été une formation ponctuelle mais un ensemble de garde-fous intégrés à l'outil de rédaction lui-même, centrés sur un nombre restreint d'erreurs réellement fréquentes. Corriger après coup coûte systématiquement plus cher, en temps développeur comme en crédibilité auprès des équipes éditoriales, que d'alerter au bon moment.
